LUXEMBOURG
ROGER SPAUTZ

L’ONG Greenpeace et le réseau «Sortir du nucléaire» s’inquiètent des négligences d’EDF qui tarde à installer sur ses réacteurs des «diesels d’ultime secours» pour garantir une alimentation électrique de secours même en cas de conditions extrêmes. Qui plus est, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) se montre complaisante en acceptant de reporter les délais fixés par ses soins. Pour Greenpeace France et le réseau «Sortir du nucléaire», la situation est dangereuse. Ils ont décidé d’agir en justice contre l’exploitant et son superviseur.

«Cette décision de placer des “diesels d’ultime secours” fait suite à la catastrophe de Fukushima. Nous estimons que c’est une bonne chose car la catastrophe nippone a montré que l’absence de ces dispositifs était l’un des facteurs ayant empêché le refroidissement des réacteurs.

L’installation de ces “diesels d’ultime secours” a été prise en 2012 et à l’époque, l’ASN demandait à EDF qu’ils soient mis en exploitation au plus tard le 31 décembre 2018. En 2017, EDF a informé l’ASN qu’il ne serait pas à-même de respecter le délai imparti. Il a donc demandé un allongement. Dans le cas de Cattenom, voisine du Grand-Duché, on constate que la mise en exploitation de ces unités est programmée pour la fin de cette année concernant les réacteurs n°2 et n°3 puis à la mi-2020 pour les réacteurs n°1 et n°4.

Nous avons vu régulièrement par le passé que lorsque l’ASN fait une prescription, EDF dit que ce n’est pas possible de respecter les spécifications initiales. Pour nous, le point important est que si l’ASN fait une prescription, EDF doit la respecter. Nous avons peur parce qu’EDF veut toujours prolonger la durée de vie de ses réacteurs. A chaque fois, l’énergéticien demande des délais plus longs pour ses travaux de mise en conformité. Cela signifie qu’il passe plusieurs années à faire fonctionner ses réacteurs sans respecter les normes de sureté.

Les “diesels d’ultime secours” sont un moyen supplémentaire d’alimenter le système de refroidissement en cas de scénario accidentel. Mais dans le nucléaire, le risque zéro n’existe pas. C’est pourquoi nous estimons que l’attitude de l’ASN sur l’installation des diesels d’ultime secours est dangereuse. Il serait inacceptable que les populations subissent un accident de type Fukushima ou Tchernobyl du fait de pareilles concessions. Plus que jamais, il faut sortir de l’impasse atomique!»
 www.sortirdunucleaire.org