LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

KPMG Luxembourg a présenté ses résultats annuels hier en affichant un penchant net pour les nouvelles technologies dans tous ses métiers

Le cabinet d’audit et de conseil KPMG a bouclé son exercice 2019 sur un bond de 8% de son chiffre d’affaires, à 232 millions d’euros, a-t-il annoncé hier lors d’une rencontre avec la presse. «C’est une croissance durable et rentable», a commenté son «Managing Partner», Philippe Meyer. Les trois métiers ont contribué à cette croissance: l’audit a atteint 103 millions d’euros (+5%), le conseil 68 millions d’euros (+8%) et le département fiscalité est monté à 61 millions de revenus soit 11% de plus sur un an.

Mais les chiffres s’arrêtent là. Côté lettres, les responsables du cabinet se sont concentrés sur la technologie et cela, à tous les niveaux. Il faut dire que la maison-mère a annoncé il y a quelques jours un investissement de 5 milliards de dollars dans ce domaine. Avec quelles retombées au Luxembourg? Difficile à dire tant «il ne s’agit pas d’un investissement direct mais d’allocation de fonds à des clients», a précisé Frauke Oddone, «Head of Markets» qui se concentre sur l’intelligence artificielle. «En matière de détection des fraudes, nous avons aidé une grande banque privée à créer son propre algorithme afin de détecter les activités de compte frauduleuses», a expliqué la responsable.

Luxembourg: le berceau de l’audit automatisé

«L’année dernière a été une année de défis grandissants», a commenté Pascal Denis, «Head of Advisory» qui a relevé les défis de la croissance, de la transformation digitale, des changements règlementaires, de la durabilité et de l’arrivée de nouvelles entreprises au Luxembourg comme points marquants des derniers mois.

Quant au futur, il s’annonce prometteur à en croire les responsables de KPMG qui n’ont pas caché leur enthousiasme. En matière d’audit par exemple, Emmanuel Dolle a évoqué la mise en place d’une nouvelle méthodologie pour les auditeurs. «Le Luxembourg est impliqué dans le développement d’un nouvel outil» d’automatisation des processus d’audit, a-t-il annoncé en précisant que le projet ayant débuté cette année, il devrait se concrétiser avec un lancement à l’horizon 2021.

Les machines n’ont visiblement pas encore remplacé les hommes chez KPMG qui revendique une croissance de ses effectifs de 4% à 1.760 salariés. A ce propos, la chasse aux talents s’avère toujours ardue et cela, à bien des niveaux. «Un employé chez KPMG, quand il commence,
il a des difficultés à se loger à Luxembourg», a évoqué Philippe Meyer. La mobilité aussi a été évoquée, entre les lignes, de même que la formation. «Pour moi, le vrai accélérateur est la capacité de monter la barre en culture technologique», a surenchéri Thierry Ravasio, «Head of People». Et d’admettre que le recrutement se fait désormais à l’échelle mondiale. «On a un minimum de gens de la Grande Région», a reconnu Pascal Denis avant de citer la multiplicité des nationalités et origines des recrues. Bref, le ciel n’est pas aussi dégagé qu’on pourrait le croire au-dessus du cabinet qui évoque toutefois des «contraintes plutôt opérationnelles». Mais la santé financière de pareille structure dépend aussi largement de son environnement. A ce propos, «le principal orage, c’est la tension macroéconomique générale», a reconnu en fin de conférence Philippe Meyer.

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