LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Etienne Schneider fait le point sur le poids de l’écosystème

La start-up nation est en marche. C’est en tout cas ce qu’espère le Luxembourg qui mise sur ce secteur dans le cadre de la diversification de son économie. Ainsi, les secteurs technologiques clés comme l’ICT, les technologies de la santé, les technologies durables, le secteur spatial, la logistique ou l’industrie 4.0. sont privilégiés par le gouvernement. L’accord de coalition prévoit que le pays devrait faire une promotion active du secteur des start-up et des entreprises innovantes en général. Le député André Bauler s’est demandé via une question parlementaire dans quel cadre. L’élu se demande notamment si les régions plus rurales du Nord et de l’Est du pays seront concernées par le développement de la start-up nation, en soulevant également le problème inhérent à tous les secteurs au Luxembourg: l’immobilier. La question est de savoir comment «loger» toutes ces nouvelles entreprises qui ont besoin d’un peu d’espace à moindre prix. Un challenge au Luxembourg où le prix au mètre carré atteint des sommets.

Dans sa réponse parlementaire, le ministre de l’Economie fait le point sur l’écosystème, à commencer par les incubateurs, dont le nombre a littéralement explosé ces dernières années. Depuis la création en 1998 du premier incubateur public, le Technoport, le paysage s’est enrichi au gré de multiples initiatives aussi bien publiques que privées: il existe aujourd’hui plus de quinze incubateurs publics et privés au Luxembourg. Outre les infrastructures d’accueil, le Luxembourg propose également une vaste panoplie de services d’accompagnement et de soutien aux jeunes entrepreneurs pour les accompagner dans le développement de leur activité.

Des demandes de 500 entrepreneurs

Pour se donner une idée du phénomène, le ministre Schneider estime que Luxinnovation est en première ligne car l’institution a notamment reçu des demandes de soutien et d’information provenant de plus de 500 entrepreneurs en 2018. «L’agence nationale de promotion de l’innovation en a soutenu activement 283 et 64 start-up innovantes ont été créés avec son soutien en 2018. Luxinnovation a identifié 101 nouvelles créations de start-up innovantes en 2018, contre 68 en 2015. Le nombre total de start-up innovantes de moins de cinq ans présentes au Luxembourg en 2019 est estimé par Luxinnovation à plus de 350 entreprises», indique-t-il. Le ministre ne précise cependant pas ce que représente ce chiffre en terme d’emplois, car il s’agit avant tout de microstructures pour la plupart.

C’est d’ailleurs à Luxinnovation de mettre en place une stratégie de communication pour ce secteur. Axée notamment sur le digital, cette stratégie prévoit une communication «efficace et structurée» assure le ministre, ceci afin de promouvoir les atouts et de mettre en avant les avantages du Luxembourg en tant que «start-up nation» au niveau national et international. En ce sens, une identité commune a été établie, sous le nom de «Startup Luxembourg» s’inscrivant dans le cadre de la charte graphique de «TradeSiInvest», la plateforme nationale assurant la coordination des actions de promotion économique par toutes les parties prenantes.

En plus des incubateurs, les jeunes pousses ont besoin de financement. Sur ce point, le Luxembourg a mis en place divers programmes d’aides pour le démarrage, dont le principal, Fit4Start. Lancé en 2015 par le ministère de l’Économie, et géré par Luxinnovation en collaboration avec le Technoport, le Luxembourg City Incubator et la House of BioHeaIth, le programme d’accélération Fit4Start (www.fit4start.lu) se veut être une vitrine du Luxembourg comme terre d’accueil pour de jeunes entreprises innovantes. Etienne Schneider note que le programme connaît depuis lors une évolution très positive: en 2016 quelques 224 start-up postulaient au programme, en 2018 ce chiffre est passé à 394 entreprises originaires de 56 pays différents.

400 personnes actives dans l’écosystème luxembourgeois

Le «Pitching & Graduation Day», l’évènement phare de ce programme, permet de rassembler deux fois par an quelques 45 start-up au Luxembourg et de les mettre en contact avec plus de 400 personnes actives dans l’écosystème luxembourgeois. En 2019, le développement du programme se poursuit: après les start-up du secteur de l’ICT et du secteur HealthTech, le programme Fit4Start s’adresse désormais pour la première fois également aux start-up relevant du secteur spatial.

Pour ce qui est de la promotion au niveau international, le Luxembourg peut s’appuyer sur une étroite coordination avec le réseau des LTIO («Luxembourg Trade and Investment Offices»). Le ministère de l’Économie dispose d’un réseau de huit LTIO qui sont établis aux États-Unis, en Corée du Sud, au Japon, en Chine, en Israël, aux Émirats arabes unis et à Taïwan. La mission économique en Corée du Sud en juillet 2019 a par exemple été l’occasion de présenter l’écosystème luxembourgeois. Le «start-up event» à Séoul se situait notamment dans la continuité de la visite de dix start-up coréennes au Luxembourg à l’occasion de l’ICT Spring Europe en mai 2019. Lors d’une séance de pitching, huit start-up coréennes souhaitant implanter une activité au Luxembourg ont pu présenter leurs projets. «Il est prévu de renouveler dans le futur ce type de promotion internationale, qui renforce la visibilité de l’écosystème tout en démontrant le soutien du gouvernement pour le développement de jeunes entreprises innovantes», indique le ministre dans sa réponse parlementaire.

Pour ce qui est des interrogations du député Bauler quant aux développements de l’écosystème start-up dans le Nord et l’Est du pays, il sera sûrement déçu. Le ministre a répondu être en contact avec le SICLER et la «Nordstad» dans le cadre de ses activités de développement de zones d’activités économiques, mais aucune discussion n’est actuellement en cours concernant le développement spécifique d’infrastructures d’hébergement pour start-up de type incubateur public à caractère régional.