LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La deuxième réunion de la tripartite aviation a permis d’avancer sur le dossier Luxair

Les syndicats ont montré du muscle jeudi devant le ministère de la mobilité avec un piquet de protestation avant la réunion tripartite du secteur aérien qui réunissait à midi la direction de Luxair, syndicats et le ministre François Bausch. Que ce soit Luxair, Luxairport ou Cargolux, le secteur a subi de plein fouet la crise COVID-19, et c’est loin d’être fini car l’affluence dans les aéroports reste très limitée, notamment dû aux restrictions de voyages dans bon nombre de pays qui imposent des quarantaines. 
La situation est objectivement très difficile, Luxair a par exemple enregistré trois fois moins de passagers sur les huit premiers mois de l’année comparé à l’année dernière. C’est un coup dur pour la compagnie dont l’Etat est actionnaire majoritaire. Raison de plus pour les syndicats de mettre la pression pour sauver le plus d’emplois possibles. Son dirigeant, Gilles Feith, qui a repris les rênes de la compagnie aérienne cet été en plein chaos dans les aéroports, a été hué à son arrivée au ministère. S’il aurait aimé dire quelques mots, il a finalement préféré rejoindre la réunion sans s’exprimer devant les représentants des deux syndicats.

«Chez Luxair le ton est totalement différent!»

D’ailleurs, Paul De Araujo, Secrétaire syndical du LCGB, a rappelé lors du piquet de protestation que la crise concerne essentiellement Luxair: «Alors que Cargolux s’en sort plutôt bien, malgré toutes les restrictions et problèmes tout au long de cette crise, luxAirport, quant à elle, doit faire face à une perte de revenus considérable, tout en continuant à assurer la sécurité de l’Aéroport. Néanmoins, malgré cette situation, des discussions constructives entre partenaires sociaux ont pu être menées de manière respectueuse afin de pérenniser les deux entreprises et l’emploi. Par contre chez Luxair le ton est totalement différent! La direction-générale, quant à elle, a présenté dès la première réunion du 20 août 2020, un plan de démantèlement social honteux, relevant clairement un sureffectif et des mesures drastiques à l’encontre du personnel, qui mettent en péril directement les acquis sociaux des salariés».

Pour la CGFP, «il est inacceptable que dans une entreprise, qui est majoritairement détenue par le secteur public, les droits sociaux soient piétinés de manière flagrante et les acquis sociaux durement acquis sont unilatéralement remis en question», indique le syndicat des fonctionnaire dans un communiqué hier. «Au lieu de procéder à des coupes sociales avec un pied-de-biche, les dirigeants de Luxair devraient dialoguer avec le personnel pour trouver des solutions communes afin d’assurer l’avenir de la compagnie aérienne à long terme», a-t-il poursuivi.

Cependant la réunion a semble-t-il apaisé les esprits. L’OGBL et le LCGB se sont dit satisfaits des échanges qu’ils ont eu avec la direction de Luxair. Les syndicats auraient en effet reçu des garanties d’emploi pour le personnel Luxair. L’intention du groupe serait de remettre tous ses salariés au travail et de ne mettre personne au chômage malgré la complexité de la situation.

Le ministre de la Mobilité, François Bausch, a annoncé qu’un groupe de travail qui gérera exclusivement le dossier Luxair allait être créé dès mardi prochain. Les acteurs de la tripartite ont évoqué plusieurs pistes pour sauvegarder les emplois, notamment une cellule de reclassement qui permettrait de transférer le personnel menacé de Luxair vers Cargolux. L’OGBL envisage ainsi le que les techniciens ou les pilotes qui pourraient, moyennant une formation adaptée, intégrer des postes laissés vacants au sein de la compagnie de fret suite à des départs à la retraite anticipée par exemple. La prochaine tripartite est prévue pour le 7 octobre à 14h. D’après le ministre, le montant de l’aide dédiée au secteur de l’aviation devrait être déterminé à la mi-octobre.