LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La prochaine indexation devrait être effective en janvier, annonce le Statec

C’est la nouvelle qu’attendent impatiemment tous les salariés et que les patrons redoutent. Le mois dernier, dans son rapport mensuel, le Statec disait s’attendre à une indexation des salaires pour ce mois de décembre. Ce ne sera finalement pas le cas, comme l’institution l’indique dans sa note de conjoncture du mois de novembre. Selon le «Flash estimate» de l’indice des prix, la moyenne semestrielle ne dépasse pas encore la cote d’échéance de la prochaine tranche indiciaire. Il faudra donc se montrer patient et attendre «très probablement» le mois de janvier pour que le prochain index soit appliqué aux fiches de paie. Ce n’est donc pas encore certain, le Statec prend des gants, mais la prochaine indexation semble se rapprocher pour tous les salariés du pays.

Ce retard s’explique par un ralentissement général de l’inflation, que ce soit au Luxembourg mais également dans la zone euro. En 2019, l’inflation sous-jacente en zone euro demeure faible et «le ralentissement conjoncturel en cours ne plaide pas pour un retournement de situation à court terme», indique le Statec. Les anticipations d’inflation des prévisionnistes professionnels à 5 ans sont tombées à 1,7% depuis le 3e trimestre 2019, un plus bas historique, en deçà de la cible de la Banque centrale européenne (inférieure mais proche de 2%).

Une inflation en hausse de 1,7% pour 2019 et 1,6% pour 2020

Les trajectoires d’inflation prévues par les institutions internationales pour la zone euro suivent la même direction, soit un consensus général sur l’état de l’inflation. Dans ses prévisions d’automne, la Commission européenne n’anticipe plus que 1,2% pour 2019 et 2020, puis 1,3% pour 2021. Début novembre, le Statec a également procédé à une révision à la baisse de ses prévisions d’inflation pour le Luxembourg et table désormais sur une hausse de 1,7% pour 2019 et 1,6% pour 2020. Bien au-dessus de la moyenne de la zone euro.

Du côté de l’emploi, on assiste également à un ralentissement général, même si le Luxembourg reste au dessus de la mêlée, particulièrement en comparaison avec les pays voisins. Après un pic à 1,8% au dernier trimestre de 2018, le taux de vacance d’emploi descend à 1,7% sur les deux premiers trimestres de 2019. Cette baisse provient principalement du secteur financier, où les plans sociaux se multiplient ces derniers mois, note le Statec. Les créations d’emplois sont en perte de vitesse sur la première moitié de 2019 dans trois secteurs: les activités des services administratifs et de soutien, l’Horeca et les transports.

Ce freinage au niveau des postes vacants déclarés devrait se répercuter à court terme sur les salaires, prévient le Statec qui rajoute que le coût salarial moyen réel (hors indexation) a baissé de 0,4% au 2e trimestre 2019, après +0,1% au 1er trimestre et encore +2;5% au dernier trimestre de 2018.

D’après les prévisions d’automne de la Commission européenne, l’emploi devrait continuer à ralentir dans la zone euro sur les deux prochaines années (de +1,1% en 2019 à +0,5% en 2020 et 2021). Le chômage devrait quant à lui continuer à baisser, mais plus modérément (de 7.6% de la population active en 2019 à 7,4% puis à 7,3% en 2021). Par contre, en Allemagne et aux Pays-Bas, la progression de l’emploi devrait ralentir substantiellement et entraîner une hausse du chômage.

Les volumes de cigarettes écoulésrepartent à la hausse

Du côté de la consommation, le plus récent «Conjoncture Flash» met l’accent sur les ventes de cigarettes qui sont un important indicateur pour le Luxembourg. Le pays continue de rester très attractif en Grande Région pour les fumeurs. Malgré une tendance à la baisse pendant de nombreuses années, soit -50% environ de 2000 à 2017, chaque hausse de prix chez les voisins a un effet «bénéfique» pour les caisses luxembourgeoises. Cette tendance à la baisse de la consommation se remarque également au niveau européen, avec une substitution des fumeurs par le tabac à rouler qui lui a augmenté de 20% environ depuis 2004.

Depuis le début de 2018, les volumes de cigarettes écoulés repartent à la hausse, observe le Statec. Cette année, ils progressent de 8% sur un an à l’issue des 9 premiers mois. Les hausses successives des taxes sur les cigarettes en France depuis 2017 ont certainement stimulé les ventes au Luxembourg, indique le Statec.

L’objectif du gouvernement français étant de porter le prix du paquet de cigarettes à 10 euros avant fin 2020, d’autres augmentations sont à prévoir prochainement. Par effet de levier, les recettes d’accises sur tabac au Grand-duché (dont deux tiers proviennent des ventes de cigarettes) devraient donc continuer à en profiter; elles se sont accrues de près de 7% sur un an en 2019 (sur les 10 premiers mois de l’année).

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