LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le programme Fit4Start fête ses cinq ans d’existence avec 56 startups accompagnées

C’est l’étendard de Luxinnovation, le programme Fit4Start avait pour ambition il y a 5 ans de mettre le Luxembourg sur la carte des écosystèmes de startup. Aujourd’hui elles sont plusieurs centaines à envoyer leur candidature à chaque édition pour espérer faire partie des élus. A la clé, 50.000 euros et plusieurs semaines de coaching. Ceux qui terminent le programme peuvent être éligibles à 100.000 euros supplémentaires de la part du ministère de l’économie, si ces derniers arrivent en six mois à lever des fonds privés. Jeudi lors d’une présentation à la presse, le ministre de l’économie Franz Fayot s’est dit ravi du bilan et de l’aura du programme à l’international: «La formidable évolution de Fit4Start au cours des cinq dernières années et l’intérêt sans cesse croissant manifesté par les startups du monde entier démontrent clairement la pertinence du programme et son importance dans l’écosystème des start-ups, tant au niveau national qu’international».
Trois lauréats modèles ont témoigné de l’impact du programme sur le développement de leur entreprise: SalonKee qui permet de trouver des rendez-vous sur une application chez le coiffeur ou salon de beauté, LuxAI qui développe des robots pour accompagner les enfants autistes. Pour Kevin Muller, CEO de Passbolt, le programme lui a permis de lui ouvrir d’autres portes: «Le lendemain de la graduation, des investisseurs sont venus spontanément vers nous, ce qui n‘arrive jamais». La startup qui se veut le «Wordpress de la gestion de mots de passe» dans les entreprises, a bénéficié d’un pic d’activité et d’utilisateurs avec la hausse du télétravail dans les entreprises: «La pandémie a frappé alors que nous étions en pleine levée de fonds, 10.000 utilisateurs de plus en quelques semaines a fini de les convaincre, nous avons pu lever récemment 1,1 million d’euros», notamment auprès des luxembourgeois Expon Capital, poursuit l’entrepreneur. Au total, les lauréats du programme ont pu lever plus de 15,2 millions d’euros apportés par des investisseurs privés.

Un outil pour le «nation branding»

Après 5 ans d’existence, ce sont 56 jeunes pousses qui ont «gradué» à la fin du programme, la CEO de Luxinnovation Sasha Baillie estimant que la plupart sont encore actives et ont grandi depuis: «Nous avons un taux de survie très élevé, autour de 90%», même si cette dernière n’a pas connaissance du nombre d’emplois créés grâce au programme. L’important est ailleurs, il s’agit pour Fit4Start d’être un outil pour le «nation branding», attirer les jeunes pousses internationales au Luxembourg, elles représentent environ 40% des projets présentés: «Le but étant évidemment de les faire rester et prospérer au Luxembourg», ajoute la CEO. Si Fit4start se présente à la fois comme programme qui a vocation à soutenir les startups en «phase de démarrage» mais aussi comme «accélérateur», Sasha Baillie précise que Fit4Start s’adresse bien à des jeunes pousses qui ont «un business plan peaufiné» mais bien en phase de démarrage. En jargon startup cela veut dire que la jeune pousse n’a pas encore finalisé de levée de fonds conséquente.  
Pour cette dixième édition, 476 jeunes pousses ont fait une demande, venant de 60 pays. Au total, ce sont 79 startups qui ont «pitché» devant un jury d’experts, à distance cette année, COVID-19 oblige. Luxinnovation a finalement retenu 20 candidats (10 pour le secteur des TIC, 5 pour les technologies de la santé et 5 pour le secteur spatial): ils viennent de 11 pays différents, dont 2 d’Asie. Ceasy, CleverYak, EmoHack, Kidola, Re(D)scue, TiQuest, et Zetako pour le secteur ICT, MyelinH, et Organo Therapeutics pour le secteur santé sont des jeunes pousses luxembourgeoises. Elles rejoignent Cybavo, iRobotInvest, SM Cloud, Meracle pte Ltd, PatchAi, Wavy Assistant, Numer8, OKAPI:Orbits, ReOrbit: AB, SPiN et Vingineers complètent le tableau.