METZJEAN-PIERRE COUR

A Metz, le Premier ministe français défend l’implication de l’Etat dans la région

Le Premier ministre français Manuel Valls est venu hier en Lorraine défendre la compétitivité et signer le contrat de plan qui lie l’Etat et la région Lorraine (CPER - contrat de plan Etat-Région). Ce contrat futur se limite donc à 740 millions d’euros, soit 370 millions financés par la Région et 370 financés par l’Etat.

Selon les élus locaux: «La Lorraine est loin du compte». Ceci pour un double constat: avec une consommation de seulement 81%, le CPER 2007-2013 précédent affiche un manque à gagner de 200 millions d’euros. Et ce nouveau CPER 2015-2020 est en retrait de plus de 34% par rapport au précédent contrat. Ce qui place la Lorraine au 15e rang des 23 régions françaises en euros par habitant. Cela semble marquer, selon les élus lorrains, un manque de prise en compte de la réalité de la situation économique et sociale de la Lorraine par le gouvernement.

Une presse calibrée

Quoi qu’il en soit, nous voulions interroger le Premier ministre sur la liaison Toul-Luxembourg soumise à la sursaturation de l’A31, mais il fut répondu par le service de presse que le «Premier ministre ne connaissait pas assez bien ce dossier» (sic). Dont acte. Puis, forçant les choses à la fin de son discours, nous avons imposé une question alors que la presse locale n’avait pas le droit d’en poser. Les questions étant réservées à la presse nationale et aux télévisions.

Nous l’avons tout de même interrogé, en forçant ce barrage, sur le droit à l’expérimentation de la future région (Lorraine, Champagne-Ardenne, Alsace), à créer une taxe spécifique liée à l’environnement (anciennement appelée Ecomouv, barrée d’un trait de plume par Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie). Il nous fut simplement répondu par le Premier ministre qu’Harlem Désir, en charge des relations européennes au gouvernement français, viendrait bientôt nous en parler. Dont acte, encore.

La France est en guerre!

Enfin, Manuel Valls, suite aux attentats terroristes avait dit: «La France est en guerre et c’est une guerre de civilisation».

Nous l’avons interrogé pour savoir ce qu’il fallait comprendre ici puisque cette phrase avait déclenché un tollé dans les rangs de la gauche.

Il nous répond: «Nous sommes en guerre contre le jihadisme et le terrorisme. Pas contre l’Islam. Mais je n’esquiverais pas les vrais débats!». Sur la Grèce et sa sortie de l’Europe, il confirmait le double langage de la France qui veut rester ferme tout en proposant de nouvelles négociations. C’est ici un grand écart qui doit faire mal aux muscles adducteurs du Premier ministre.