LONDRES
AUDREY SOMNARD

Quelques astuces pour passer un séjour familial réussi dans la capitale britannique

C’est décidé: quelques jours dans la capitale britannique en guise de vacances pour toute la famille. Si Londres est le temple du shopping, des pubs et des comédies musicales, cette fois avec Julie, 5 ans, et Paul, 3 ans, il va falloir adapter activités et emploi du temps. Heureusement, la capitale est très charismatique. Avec ses cabines téléphoniques, dont les bambins ont du mal à imaginer l’utilité, ses taxis noirs, les enfants sont aussi ravis de monter à l’étage des bus à impériale pour faire un petit ou grand tour et admirer les monuments. Entre Big Ben (malheureusement en réfection pour plusieurs années encore), la Grande Roue, le Shard, la Tour de Londres, Tower Bridge ou encore le «Cornichon» de la City, les petits en prennent plein le yeux! Idéalement, on flânerait bien dans Hyde Park pour taquiner les écureuils, mais la météo londonienne est capricieuse, voire carrément désagréable pendant cette saison hivernale.

Pour éviter de se perdre dans le «fog», il faut trouver des solutions de repli, et surtout des activités en intérieur. Après avoir fait quelques recherches en amont, on s’aperçoit très vite que les dirigeants des musées ont pensé aux familles! Ils proposent tous des parcours didactiques pour que les enfants découvrent les oeuvres comme une chasse aux trésors. Le musée de la marine à Greenwich, dans le sud-est, propose carrément un espace de jeux pour enfants, ces derniers peuvent jouer aux pirates et autres moussaillons dans un univers dédié aux bateaux et à la navigation.

Ici on peut grimper, toucher, s’asseoir

Dans le quartier ultra touristique de Covent Garden se cache une petite merveille: le musée des transports. A priori rien de bien folichon, mais les Britanniques ont fait ça bien, voire très bien. La file de poussettes garées à l’entrée est un signe, on se dit qu’on est au bon endroit. Ici il va falloir débourser 18 livres pour chaque adulte, ça fait mal au porte-monnaie, mais le billet vaut pour le restant de l’année, si l’envie vous reprend. Pour les enfants c’est gratuit. Difficile de soupçonner un aussi grand espace en plein centre-ville. Les visiteurs arrivent dans une grande halle où sont regroupés les transports publics londoniens à travers les âges. Et comme les enfants s’ennuient vite à juste regarder, ça tombe bien car ici on peut grimper, toucher, s’asseoir, traverser les rames de bus anciens et les wagons de métro. Les activités sont multiples et l’on remonte le temps à travers les étages, en partant de la technologie actuelle de l’Oyster card dans le «Tube» jusqu’aux calèches d’antan. Un coin pour enfants a été aménagé sur deux niveaux: là ces derniers peuvent «conduire» un bus grandeur nature, «réparer» le métro, ou encore jouer à la dinette dans une boutique factice de station. Tandis que Paul pourrait passer des heures à jouer sur un circuit de petit train, Julie s’est trouvée une mission. Le musée des transports propose à l’entrée une carte qu’il va falloir composter à travers tout le musée. La chasse aux trésors commence! Une fois les treize stations validées, Julie a triomphé, la famille peut quitter le musée.

Le lendemain, la météo n’est toujours pas de mise, cap alors sur le musée des Sciences. Pour la partie adultes, l’entrée est gratuite. Mais toute une aile, «Wonderlab: the Equinor Gallery», au 3e étage a été dédié aux plus jeunes, l’entrée est là de 9 livres pour les adultes, 7 livres pour les enfants à partir de 4 ans. Une somme largement rentabilisée. Ici, les sens sont en éveil, les univers ont été divisés: toucher, vision, ouïe, il y en a pour tous les goûts, et pour tous les âges. Pas besoin d’être bilingue pour prendre part aux expériences, après tout la science est universelle. En chauffant ou refroidissant sa main, Julie découvre grâce à une caméra thermique les changements de température de son corps. Plus loin, Paul s’amuse avec les aimants qui sont en libre-service, le long d’un tronc factice. A cet-âge là il est difficile de leur expliquer les phénomènes physiques, mais le tout est de s’amuser. Avec une petite simulation des éclairs, les enfants comprennent vite que le corps humain attire l’électricité, et qu’il vaut mieux se mettre à l’abri en cas d’orage. En faisant jouer la force d’une grosse balle pour faire décoller une plus petite, ils apprennent en s’amusant les prémices des notions de physique.

La sublimation de la glace est un phénomène impressionnant, et les cours du lycée sont loins, très loins pour expliquer pourquoi les morceaux de glace se transforment instantanément en gaz. Des ateliers sont également organisés pour les plus grands, avec expériences réalisées en direct par des laborantins du musée. Pour les plus grands et pour ceux qui maîtrisent bien la langue de Shakespeare. Même les adultes se surprennent à s’amuser quand il s’agit d’entendre de la musique en mordant une petite barre métallique et en se bouchant les oreilles! Il y a du monde quand les petits Britanniques sont aussi en vacances, mais les ateliers sont tellement nombreux que la visite reste fluide. On commence seulement à regarder sa montre après deux heures passées dans cette enceinte. Alors que les petits se sont amusés, les autres visiteurs adultes du reste du musée ont pu profiter de leur visite tranquillement, sans enfants dans les pattes. Malgré une pluie fine, impossible de résister en sortant au camion de glace qui se tient au coin de la rue, en position stratégique. Finalement la météo n’a pas eu raison de ce séjour familial. Mais la prochaine fois, la famille reviendra en été.