ESCH-SUR-ALZETTECHRISTIAN SPIELMANN

«Cours toujours» de Bruno Druart au Théâtre d’Esch-sur-Alzette

L’auteur de pièces de théâtre Bruno Druart est bien connu au théâtre d’Esch-sur-Alzette. Au mois d’octobre dernier, on a pu voir «Un pavé dans la cour» et jeudi soir sa toute nouvelle comédie «Cours toujours!», coécrite par Henri Guybet, qui a fêté sa première au mois de janvier dernier. La pièce a été mise en scène par Luq Hamett.

L’après-divorce

Frank (ChristophGuybet, le fils de Henri) est interrompu lors de sa toilette matinale par la sonnerie de la porte. C’est sa tante Blandine (Marie Boissard), une religieuse, qui est rentrée d’Afrique pour subir une intervention chirurgicale. Par la suite, elle voyage à Rome pour travailler au Vatican. Son frère Armand (Henri Guybet) est plus que content de revoir sa petite sœur. Mais sa situation familiale a virée du mauvais côté. Lui et sa femme Nadine (Christine Delaroche) viennent de divorcer. Plus pire que cette séparation après un mariage consommé et l’amour consumé, est que Nadine a un amant, Bob, un maître nageur musclé et bien plus jeune. D’un autre côté, Frank semble avoir trouvé l’amour de sa vie. Il voudrait marier Prune (Laure Mathurier) qui en plus est enceinte. Nadine, elle, part en Italie avec son nouveau amour. A son retour, elle espère pouvoir régler le partage des biens communs, spécialement l’appartement où ils habitent. Et il y a encore cette femme (Véronique Demonge) toujours essoufflée qui désire parler à Nadine et qui finit par se calmer avec l’Armagnac d’Armand.

Humour et émotions

Sans être vraiment une comédie hyper-originelle, l’histoire passe aisément grâce au jeu convaincant des acteurs et de quelques gags bien choisis. La croyance de Blandine, notamment, est l’objet de quelques réflexions amusantes non graveleuses: pourquoi une religieuse est une religieuse mais ne peut pas être une mère? Il sera aussi prouvé que l’eau de Lourdes, même en bouteille de l’eau minérale de St. Yorre, a des effets bénins, sous certaines conditions bien entendu.

Au moment, où l’on peut croire que la pièce tourne à la banale comédie de confusions, l’auteur remet son histoire directement sur la trajectoire initiale. En effet, Nadine prend la fiancée de son fils, qu’elle n’a jamais rencontrée, pour l’amante de son ex-mari. L’apparition de la femme essoufflée, qui s’avère être la mère de Bob, constitue un joli «running gag».

Vers la fin de la pièce, le réalisateur réussit même à répandre des émotions sur la scène. C’est d’abord Armand qui explique à Prune ce qui va l’attendre dans sa vie de couple et de maman. Après, ce sont les deux femmes quittées par leurs partenairesqui se confient que l’absence de ceux-ci n’est pas vraiment facile à supporter et qu’on se manque l’un à l’autre. Ces deux beaux instants émotifs, combinés aux moments drôles, font de cette nouvelle œuvre une pièce à voir.