LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La production des énergies renouvelables signe une nette augmentation au Luxembourg

L’Institut luxembourgeois de régulation (ILR) a rendu hier son rapport sur le marché de l’électricité et du gaz naturel. Il est destiné à la Commission européenne et à l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER). Les nouvelles sont plutôt bonnes, puisque l’électricité coûte moins cher aux ménages, soit 5% de baisse de 2016 à 2017. Les prix du gaz sont restés eux stables, et l’ILR note également que les sociétés sont lésées puisque la composante énergie du prix du gaz naturel est plus élevée pour les petites et moyennes entreprises que pour les autres catégories de consommateurs.

Comme les prix sont désormais uniformes sur tout le territoire, il est facile pour les consommateurs de comparer les différentes offres. Mais force est de constater que l’acte de changer de fournisseur energétique n’est pas entré dans les moeurs puisque l’ILR n’a noté en 2017 que 776 changements (sur 306.577 ménages) pour l’électricité et 191 pour le gaz naturel (sur 88.661).

La production d’énergie «verte» est elle en nette évolution, de 31% par rapport à 2016. Parallèlement, la production d’électricité classique a baissé ces dernières années, la production d’énergie verte talonne aujourd’hui l’électricité produite au Luxembourg. La capacité de production électrique était de 426 Mega watt en 2017, dont 309 d’électricité issue des énergies renouvelables. Si les énergies renouvelables pouvaient tourner au maximum de ce potentiel de capacité, c’est à dire du vent ou du soleil en permanence, elles fourniraient 2.700 GWh.

9,25% de la consommation nationale vient des énergies renouvelables

L’hydroélectrique et le solaire représentent respectivement 10 et 12% de la production, et c’est le gaz naturel (25%) et l’éolien (27%) qui boostent la production. Des efforts sur les parcs éoliens ces dernières années ont permis de tels résultats.

Evidemment l’électricité produite au Luxembourg ne couvre pas les besoins du pays. La part des énergies renouvelables dans la production s’élève à 605 GWh, ce qui correspond à 9,25% de la consommation nationale, soit 6.505 GWh. Avec l’augmentation de l’activité et des ménages dans le pays, la consommation d’électricité augmente également. Les gestionnaires de réseau ont reçu en 2017 des demandes de raccordement pour un total de 57 MW de capacité supplémentaire de production électrique.

Avec des prix identiques sur tout le territoire, l’ILR a mis en place en 2017 quelques clarifications pour inciter le consommateur à faire un choix de fournisseur. Si lors d’un emménagement ce dernier n’a pas signé de contrat, il sera assigné à un fournisseur «par défaut». Et ce pendant deux semaines. Le temps pour le ménage de comparer les offres et de choisir, sans se sentir imposé de choisir le fournisseur par défaut. Ce dernier a l’interdiction de faire des démarches commerciales et doit au contraire informer le consommateur, de manière «neutre et objective» de ses options. Comme ces deux semaines de fournisseur par défaut sont à des tarifs plus élevés que par contrat classique, l’ILR a mis en place un site comparatif de prix (www.calculix.lu).

Quant au taux faible de changement de fournisseur, l’ILR l’explique par la mise en oeuvre du nouveau régime d’obligations d’économies d’énergie qui pousse certains fournisseurs étrangers actifs sur le marché luxembourgeois à quitter le pays. Un marché avec moins d’acteurs peut conduire à une perte de compétitivité pour l’industrie, entraînant ainsi des offres moins attractives.

Corridor d’échanges commerciaux entre la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne

Récemment, la Belgique a évoqué des problématiques d’approvisionnement en énergie pour l’hiver à venir. En 2017, l’interconnexion Bedelux a été mis en place. Il s’agit ici de l’installation d’un transformateur-déphaseur, mis en service en octobre 2017 et en phase de test opérationnel pour une année, qui permettra de créer un corridor d’échanges commerciaux entre la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne, ceci grâce à une meilleure gestion des flux d’énergie électrique via des lignes existantes. Concrètement, l’Allemagne va pouvoir venir au secours de la Belgique et la fournir en énergie, en passant par le Luxembourg qui se trouve entre les deux pays.

Parallèlement, en septembre 2017 les gestionnaires de réseau ont introduit un nouveau modèle de communication de marché. Cette communication, dite MaCo, permet la standardisation et automatisation de l’échange de données et des processus de marché, comme le changement de fournisseur, le déménagement voire emménagement ou encore la déconnexion. La MaCo garantit ainsi un échange transparent et non-discriminatoire entre les fournisseurs et gestionnaires de réseau.

www.ilr.lu