LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Luxembourg veut se hisser au Top 50 des destinations de tourisme de congrès

Cela fait à peine six mois que le «G.I.E Luxembourg convention bureau» (LCB) a été créé dans le but de regrouper les forces pour que Grand-Duché soit sur la carte des organisateurs de congrès. Le tourisme MICE (de l’acronyme anglais «Meetings, incentives, conferencing, exhibitions») est l’un des objectifs du gouvernement. L’organisation d’un congrès, c’est l’assurance de donner du travail à une variété de fournisseurs : hôtels, traiteurs, transporteurs, et c’est un plus pour l’image du pays. Encore faut-il se faire connaître et mettre en avant les atouts du Luxembourg qui est pour l’instant 73ème dans les classements mondiaux du secteur.

Et le pays veut mieux faire. L’objectif affiché est d’arriver dans le Top 50. Pour cela, le G.I.E regroupe les forces du ministère de l’Economie (Direction tourisme) ainsi que de la Ville de Luxembourg, cette dernière ayant tout intérêt à ce que ses hôtels et autres centres de convention se portent pour le mieux. Jusque-là, la Ville mettait à disposition les compétences du Luxembourg city tourist office (LCTO) et de son département «Luxembourg convention bureau». La bourgmestre de la capitale, Lydie Polfer, s’est félicitée mardi de l’implication du LCTO dans la formation du LCB, ayant à cœur que Luxembourg-Ville soit au cœur de la stratégie: «Je me réjouis de savoir que la capitale continuera à accueillir une part importante des activités du secteur».

Un budget de 1,7 million d’euros

Avec le LCB, l’équipe de cinq personnes est bien identifiée, le budget de 1,7 million d’euros est alloué. Le nouveau CEO qui va prendre ses fonctions cette semaine a été présenté mardi lors d’une conférence de presse (voir encadré). Pour Lex Delles, ministre du Tourisme, cette mise en place du LCB va permettre de passer à la vitesse supérieure pour pousser le secteur MICE au Luxembourg: «Ce convention bureau va s’occuper de la répartition des différents acteurs à travers le pays, les organisateurs de congrès n’ont plus qu’un seul interlocuteur, tout est simplifié. Ou lorsqu’on nous irons les solliciter pour vendre Luxembourg comme une destination MICE. Mais il ne s’agit pas forcément de gros événements, nous avons différents lieux à travers le pays, comme le Domaine Thermal de Mondorf ou encore l’hôtel Leweck dans le Nord qui peuvent aussi accueillir des évènements de toutes tailles».

Pourtant les critiques estiment que le parc hôtelier luxembourgeois n’est pas assez étendu pour pouvoir développer suffisamment le secteur MICE. Le ministre se défend: «Les hôtels sont fort occupés en semaine, c’est vrai, mais c’est moins vrai en weekend. Nous avons été approchés par différents investisseurs pour accroître nos capacités».

Le nouveau CEO, François Lafont, s’est donné pour mission d’attirer les congrès «tournants», ceux qui changent de destination chaque année ou tous les deux ans. Afin de mettre Luxembourg sur la carte, un peu comme les tournées de musiciens finalement. Les concurrents directs de Luxembourg se trouvent principalement en Allemagne, on compte Francfort, Hambourg ou encore Brême. Et il va falloir lutter, car pour les organisateurs lointains, que ce soit les Américains ou Chinois, «Prague ou Luxembourg, leur échelle c’est l’Europe, c’est loin pour eux donc les distances n’ont finalement pas d’importance», explique le CEO. Les premiers en Europe sur le secteur MICE sont Vienne et Paris, des capitales attractives pour d’autres raisons. Mais le Français est confiant: «Au vu du dynamisme économique du pays et du professionnalisme des équipes, c’est un challenge que je veux relever». L’accent sera mis sur des secteurs prioritaires comme les TIC, la Fintech, le spatial ou encore la logistique histoire de ne pas trop s’éparpiller.

Le CEO a comme objectif de rentrer dans le Top 50, mais il se donne le temps: «Des manifestations sont organisées parfois des années à l’avance, c’est un travail sur le long terme. D’autres événements se préparent six mois à un an à l’avance, nous devons nous placer sur ce créneau. La clé va être d’amener un nom porteur du monde économique ou encore scientifique. Pour le reste nous avons des arguments pour défendre Luxembourg, en matière de compétence, de sécurité ou encore d’accessibilité. La gratuité des transports l’année prochaine sera par exemple un argument de plus».