LUXEMBOURGPATRICK VERSALL

Première exposition du photographe rwandais Remera au Luxembourg

Ce soir sonnera le coup d’envoi du festival de théâtre «Monodrama» . Pendant une semaine, les spectateurs auront l’occasion de découvrir le programme cadre baptisé «Autour du festival».À partir de 19h00, et donc une heure avant l’ouverture officielle du festival, le public aura l’occasion de visiter l’exposition «Grimaces» du photographe Remera qui a découvert la photographie pour soi il y a trois ans seulement. Durant le festival, l’artiste prendra encore des photos pas du tout ordinaires des artistes venant au Luxembourg pour présenter leurs spectacles. Architecte de profession, le jeune rwandais a quitté sa patrie dans les années 1990. Le «Journal» l’a rencontré quelques jours avant le début du «Monodramafestival».

On dirait que «Grimaces» s’apparente plutôt à un projet qu’une simple exposition...

Remera Il y avait un projet, également intitulé «Grimaces» et réalisé au mois de mars, qui se trouve sur mon site web. «Grimaces» fait partie de mon projet global «365 portraits», qui consiste en prendre un portrait par jour pendant un an. Au cours de ce projet, j’ai décidé de choisir quelque chose de particulier tout en continuant à faire des portraits. Je trouvais à un certain moment qu’il serait peut-être trop banal de prendre de simples portraits des gens que j’ai rencontré dans les rues. Je leur ai donc demandé de me faire des grimaces. Bien sûr, il va de soi qu’avant de prendre la photo, j’ai expliqué le projet aux gens. Ils étaient étonnés car c’est assez rare que quelqu’un vous arrête dans la rue et vous demande de faire une grimace. Mais il s’agit là d’une autre manière de se présenter. Les organisateurs du «Monodrama» ont apprécié le travail et m’ont invité à faire partie du festival.

Quand est-ce que vous avez pris les premières photos qui seront montrées dès ce soir à la Banannefabrik à Bonnevoie?

Remera Je viens de rencontrer un bon nombre d’artistes qui sont venus au Luxembourg il y a quelques jours. Au fur et à mesure, le projet s’agrandira avec les photos de ceux qui vont arriver dans les prochains jours.

Comment réagissent les artistes ?

Remera Ils ont assez apprécié mon approche parce qu’ils trouvent le projet hors du commun. Certains ont l’habitude d’être photographiés mais il s’agit là avant tout de photos sérieuses.

Qu’est-ce que vous faites avec les photos une fois que le festival et l’exposition sont terminés ?

Remera Les images du festival seront incorporées dans mon projet «Grimaces» qui se trouve sur mon blog et mon site web. En ce qui concerne les photos grand format, je tenterai de trouver d’autres lieux où je peux les montrer au public.

Pourquoi vous travaillez avec
des photos noir et blanc?

Remera J’ai commencé avec les photos en couleurs, ensuite je me suis orienté vers le noir et blanc qui, pour moi, contient un côté plus poétique. Je crois que dans le noir et blanc, l’œil humain cherche l’essentiel ce qui n’est pas le cas pour les photos en couleurs.