LONDRES
CATHERINE KURZAWA

L’ALFI organisait hier sa conférence londonienne

Pour sa onzième conférence londonienne, l’ALFI a marqué un nouveau record hier avec plus de 1.000 inscrits. Il faut dire qu’avec un Royaume-Uni champion de la gestion d’actifs en Europe et un Luxembourg leader de la domiciliation de fonds en Europe, ces deux là sont faits pour s’entendre. «Il y a une complémentarité croissante entre les deux centres», reconnaît Marc Saluzzi. Le président de l’ALFI souligne aussi la particularité de l‘évènement qui - avec ses workshops thématiques - revêt une importance en termes de contenu, contrairement aux roadshows généralement axés sur la promotion. Le CEO de l’ALFI Thomas Seale a cependant présenté la carte de visite du pays, avec il est vrai des arguments tentants pour les 750 invités londoniens. «Je viens ici pour en apprendre davantage sur la place luxembourgeoise», nous confie l’avocate Jill Wishart. Opérant dans le secteur de la gestion d’actifs, le Luxembourg y est bien connu et elle compte bien sur la conférence pour remplir son carnet d’adresses.

Le «Brexit» inquiète

Si du côté britannique le directeur de «The Investment Management Association», Daniel Godfrey, s’est montré modéré en soulignant simplement l’importance pour le Royaume-Uni d‘être dans l’Union européenne, les responsables luxembourgeois n’ont, eux, pas mâché leurs mots à l’approche des élections législatives du 7 mai prochain. «Avoir le Royaume-Uni hors de l’Union européenne créerait des turbulences», a indiqué Marc Saluzzi. Pour le président de l’ALFI, le choc de la crise et celui de l’agenda règlementaire qui en a découlé sont encore dans les mémoires. Autant éviter un troisième coup. Qui plus est, au niveau des négociations européennes liées à la régulation financière, «ne pas avoir le Royaume-Uni dans l’Union européenne nous priverait d’un allié extrêmement important». Même son de cloche du côté de Pierre Gramegna qui a surtout commenté l’actualité. L‘échange des rulings fiscaux? Le Luxembourg le souhaite avant la fin de l’année et donc, de sa présidence du Conseil de l’Union européenne.

«Si on veut avoir plus de transparence fiscale, on doit le faire tous ensemble», a martelé le ministre des Finances. Le Renminbi business a également retenu l’attention des participants, vu le rôle croissant du Royaume-Uni dans ce segment. «L’internationalisation du RMB est l‘évènement le plus important dans l’industrie des devises depuis le lancement de l’euro», a commenté le ministre qui s’est aussi montré enthousiaste au sujet du lancement de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, à laquelle Londres et Luxembourg prennent part.

La dernière séance

Cette conférence était un peu particulière pour Marc Saluzzi, qui s’apprête à quitter son poste de président de l’ALFI le 17 juin prochain. En quatre ans de fonction et bien plus vu ses mandats précédents, l’intéressé a vu l‘évènement londonien gagner en grade: partant de 150 participants en 2005, l‘évènement a dépassé cette année le cap des 1.000 personnes.

«Je pense que la stratégie de l’ALFI de passer son message hors des frontières a vraiment porté ses fruits», commente Marc Saluzzi. Aujourd’hui, l’association visite quinze à 20 pays différents par an. Et si la promotion importe pour les professionnels de la gestion d’actifs, le grand public n’est pas oublié. Qu’il s’agisse des pensions, des infrastructures ou bien des entreprises, les fonds jouent un rôle croissant dans le financement de l‘économie, vu les changements règlementaires qui ont affecté les banques en la matière. «Aujourd’hui, 10% des ménages en Europe ont des actions ou des parts dans des fonds. Notre objectif est d’aller chercher les autres 90%.»

Et avec des arguments tels que le bon potentiel de rendement (surtout vu les taux faibles pour les produits d‘épargne) sans oublier l’apport pour l‘économie globale, l’ALFI compte bien faire passer son message à un public toujours plus vaste.


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