LUXEMBOURG
FABIENNE KOLBER

«Root Letter» permet de retrouver la trace d’une correspondante de longue date

Root Letter» est un des plus rares «visual novels» japonais, ayant trouvé son chemin jusqu’en occident. Ce genre de jeux se caractérise surtout par la profondeur de son récit et ses dialogues entre les personnages, mais dont le gameplay se fait souvent un peu plus timide.

L’histoire se tourne autour de Takayuki qui retrouve, un beau jour dans la maison de ses parents, dix lettres d’une ancienne correspondance nommée Aya Fumino. Une onzième lettre non cachetée s’est faufilée sur la pile, indiquant qu’Aya est persuadée d’avoir commis un meurtre et qu’elle ne peut désormais plus correspondre avec lui.

Se remémorant l’époque durant laquelle ils s’écrivaient, le jeune homme souhaite soudainement savoir ce qu’il s’est réellement passé et décide de se rendre à Matsune, ville dans laquelle Aya résidait. Son périple le mènera à rencontrer de nombreux personnages et d’investiguer pour savoir ce qui s’est réellement passé avec sa correspondante.

Linéaire mais prenant

Le jeu est divisé en plusieurs chapitres: un chapitre correspond à une lettre et à un nouveau personnage lié au passé d’Aya. Le protagoniste devra trouver des indices dans la ville et faire la connaissance de ces personnes, pour leur tirer les vers du nez et doucement se rapprocher de la vérité. Les chapitres sont par contre très linéaires et répétitifs, car le même schéma se reproduit plusieurs fois et devient à la longue même un peu prévisible. L’intrigue reste tout de même prenante et il est difficile de poser la manette surtout lorsque l’on arrive vers le dénouement final. Certaines décisions peuvent également être prises durant les chapitres qui auront une influence sur la fin du jeu. Un total de cinq fins sont à débloquer, certaines plus satisfaisantes que d’autres. Ceci donne donc une énorme rejouabilité au jeu, même si le gameplay lui, est très limité car il ne consiste pratiquement que de texte et dialogues. Il sera possible de visiter tout un tas de lieux intéressants, même si les allers-retours entre ces derniers deviennent un peu lassants à la longue. Un peu à la «Ace Attorney», «Root Letter» dispose d’un «mode interrogatoire» qui se déclenche vers la fin de chaque chapitre. C’est ici que le gameplay change un peu, car il faudra interroger les potentiels camarades d’Aya, en les confrontant avec des indices trouvés auparavant. C’est le seul moment de réflexion que le jeu offre, car tout le reste est plutôt facile.

Ambiance nippone

L’atmosphère et les magnifiques décors du jeu, remplis de détails et riches en couleurs, raviront surtout les amateurs du Japon. Le design des personnages n’est pas trop mal non plus, même s’ils font parfois très clichés. On rencontre toute une panoplie de personnes différentes tout au long de l’histoire, mais leurs caractéristiques sont trop simplistes: le personnage un peu plus gros, se surnomme «Fatty». Des commentaires envers son poids et son apparence sont sans cesse émis, ce qui est parfois pénible et ne donne aucune autre dimension à ce personnage. C’est le cas pour la plupart d’entre eux, ce qui est un peu dommage. Le protagoniste lui-même montre tout de même pas mal de personnalité, surtout en ajoutant aux dialogues une touche d’humour.

Au final,«Root Letter»est un jeu très facile et linéaire, mais qui brille grâce à son scénario addictif, ses magnifiques décors et sa rejouabilité due aux nombreuses fins alternatives.

Testé sur: PS4. Disponible sur: PS4, et PS Vita pour environ 54,99 euros