LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le poisson belge plonge le public dans un conte à la fois décalé et dans l’air du temps

Ce n’est pas une blague mais un poisson belge. Cette pièce contemporaine signée Léonore Confino invite à un plongeon dans les thèmes de l’enfance et de l’identité à travers la rencontre entre deux personnages que tout semble opposer: Grande monsieur et Petit fille. Lui est aigri et rongé par la solitude. Elle est pétillante et insolente. Lorsqu’elle décide de se coller à ce type et de s’inviter chez lui, la vie monotone de ce quinqua solitaire commence à prendre une autre tournure. Un enfant, cela réclame de l’attention, des soins. Mais c’est aussi des questions, beaucoup de questions. Les réponses tombent au fil de la pièce, au fur et à mesure que les liens se créent entre les personnages.

Un conte pas comme les autres

Juliette Allain interprète Petit fille avec beaucoup de dynamisme mais aussi ce petit grain de folie qui fait toute la force de ce personnage. Quant à Régis Laroche, son jeu est à la hauteur de la complexité du personnage de Grande monsieur.

La mise en scène signée Aude-Laurence Biver exploite très bien l’atmosphère de proximité qui règne dans la salle du TOL et les effets de projection dans le décor sont réussis et apportent vraiment le grain de magie qu’il faut pour avancer dans ce conte pas comme les autres.

Un récit fort, qui ne laisse assurément personne indifférent et qui s’inscrit dans l’air du temps avec les sujets du deuil, du droit à la différence et au fait de s’affranchir de son enfance. Cette thématique occupe d’ailleurs une place centrale dans la programmation du TOL cette saison et nul doute que Le poisson belge apparaît comme la pièce taillée sur mesure en la matière.

«Le poisson belge»: les 12 et 13 février à 20.00 et le 14 février à 19.00 - www.tol.lu