LUXEMBOURG
AINHOA ACHUTEGUI

Contraception gratuite à tout âge, TVA réduite sur les produits d’hygiène féminine: pour les féministes, les annonces du nouveau gouvernement sonnent un peu Noël avant l’heure. La thématique de la santé sexuelle et affective a fait son apparition pour la première fois dans un accord de coalition. De quoi réjouir le Planning familial qui défend ces thématiques depuis sa création.

«C’est la première fois qu’un accord de coalition fait état explicitement de la santé sexuelle, mais aussi affective, et c’est très important. Le tout “en partenariat avec les acteurs de terrain”, et c’est nous! Cette éducation à la santé sexuelle et affective est aussi mentionnée dans la formation des éducateurs. Nous préférons qu’elle soit intégrée à la formation initiale, obligatoire, plutôt que seulement en option dans le cadre d’une formation continue. Cela n’est pas clair. Pour autant, la mention claire d’une sensibilisation LGBT dans le programme est une grande avancée, nous trouvons très bien d’en faire un focus spécial car c’est une thématique que nous soutenons au Planning.

Ce qui nous a rendu bouche bée, c’est l’accès à la contraception remboursée sans limite d’âge, et ceci pour tous les contraceptifs, cela concernera également les contraceptifs d’urgence. C’était une revendication de longue date, mais est-ce que cela concerne la contraception masculine ainsi que la stérilisation que nous considérons également comme une forme de contraception?

J’en oubliais l’annonce la plus emblématique: la TVA réduite sur les produits d’hygiène féminine que nous demandons depuis des mois, c’est un peu Noël avant l’heure! Mais nous serons attentives car nous avons déjà eu des surprises notamment pour la contraception entre l’accord de coalition et son application, nous surveillerons tout ça de près. Nous sommes globalement très contentes de ce programme, il manque encore deux choses: nous demandons depuis des années maintenant une grande enquête sur les comportements sexuels de la population au Luxembourg, car nous avons seulement les chiffres du Planning. Peut-être que cela sera fait à travers l’Observatoire de la Santé? Nous demandons également à ce que les titulaires de classe ne soient plus présents avec les élèves lors des interventions du Planning familial en classe. Cela permettrait de libérer la parole des jeunes qui n’osent pas s’exprimer librement en présence de leur enseignant. Nous avons déjà demandé pourquoi le titulaire de classe devait rester, mais jusqu’ici nous n’avons pas eu de réponse!»

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