BÉATRICE LAURES

Ce 17 octobre marque la journée mondiale du refus de la misère. Organisée depuis 1987, cette journée est née de l’initiative du père Joseph Wresinski et de milliers de personnes qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris. Au Luxembourg, ATD Quart Monde veut faire entendre la voix des personnes en situation de précarité et de pauvreté et s’engager avec elles pour combattre la misère. Le mouvement donne rendez-vous ce soir à 18.00 à Neimënster près de la Table de solidarité pour des prises de parole et la lecture du Message international du comité 17 octobre. Cette édition marque aussi la sortie du livre «Vivre en famille c’est notre espoir» en langue allemande. Il réunit des témoignages de parents confrontés au placement de leurs enfants et rencontre le soutien de nombreux spécialistes. La membre du conseil d’administration d’ATD Quart Monde Luxembourg Béatrice Laures nous détaille les enjeux de cette journée.

«Cette année, le thème de la Journée mondiale du refus de la misère est: “De l’humiliation et l’exclusion à la participation: mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes.” Il nous rappelle que la pauvreté persistante est un déni des droits humains et que son élimination exige plus qu’une simple amélioration du bien-être matériel des personnes qui la vivent. Tant que les personnes vivant dans la pauvreté continueront à souffrir de discrimination, d’humiliation et d’exclusion, leurs droits fondamentaux continueront à être bafoués et leur accès aux besoins vitaux limité.

L’humiliation est omniprésente chez les personnes sans abri et celles vivant dans la pauvreté. Elle peut conduire au dénuement total parce que souvent les personnes qui la vivent ont honte de paraître en public et, par conséquent, sont socialement exclues quand il ne leur est pas possible de participer à la vie de la communauté. Un tel isolement et une telle exclusion sociale peuvent conduire à d’autres privations et limiter les autres libertés.

Nous sommes encouragés par la déclaration de l’Agenda 2030 de l’Organisation des Nations Unies à “mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes partout„, car elle reconnaît explicitement que les personnes vivant dans la pauvreté souffrent plus qu’un simple manque de revenus. Lorsque l’engagement pris par les Nations Unies que “personne ne soit laissé de côté” sera effectivement en œuvre, il pourra créer les conditions pour construire des sociétés en paix et inclusives.

Un des buts  d’ATD Quart Monde est d’aller à la recherche de ces personnes qui n’osent plus sortir en organisant entre autres des actions culturelles dans les quartiers. Nous essayons de leur faire (re)découvrir leur valeur et leurs capacités et  leur rappelons qu’elles ont des droits comme l’accès à la culture.

Les personnes en situation d’extrême pauvreté sont les premières à refuser la misère. La société toute entière peut se libérer de la misère si nous reconnaissons le courage et la capacité d’action des personnes en situation de pauvreté, leur liberté de s’exprimer, d’exercer leur intelligence et leur créativité, de décider et d’agir avec d’autres, en véritables partenaires. La Journée mondiale du refus de la misère est l’occasion de dire “non” à la fatalité de la misère et vivre des moments de rencontre, échanger et réfléchir autour de la parole des très pauvres.»