LUXEMBOURG
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CNFP: des réformes nécessaires pour assurer l’équilibre des finances publiques

Si la dette publique en pourcentage du produit intérieur brut devrait descendre en-dessous des 20% dans les prochaines années, sur fond d’excellentes perspectives conjoncturelles, elle pourrait grimper au-delà des 30% à partir de 2041 et à 60% (plafond à ne pas dépasser selon les critères de stabilité économique européens) en 2048, pour atteindre les 156% en 2060. Enfin, si rien ne change au niveau des politiques. Quelques chiffres tirés de la plus récente évaluation des finances publiques élaborée par le Conseil National des Finances Publiques et présenté hier à la Commission parlementaire des Finances et du Budget ainsi qu‘à la presse. Si le Grand-Duché souhaite maintenir sa dette en-dessous des 60%, il faudrait qu‘il fixe pour son solde structurel unobjectif à moyen terme de +0,25% du PIB dès la période 2020-2022 et de +1,5% pour maintenir la dette en dessous de 30%. Le CNFP, organisme indépendant chargé de surveiller le respect des règles budgétaires et le déclenchement du mécanisme de correction, pointe un risque élevé pour la soutenabilité à long terme des finances publiques, en raison notamment des dépenses croissantes liées au vieillissement démographiques: les coûts du système d‘assurance-dépendance et des pensions surtout.

La balle dans le campde la politique

«Nous faisons des constats, des recommandations politiques ne sont pas de notre ressort», a répondu Yves Nosbusch, le président du CNFP et économiste-en-chef de BGL BNP Paribas à la question sur les vis qu‘il faudrait ajuster pour garantir la pérennité de l‘équilibre dans les finances publiques. La balle est donc dans le camp de la politique qui s‘intéressera sans doute aussi à l‘évaluation de la fiabilité des prévisions macréconomiques et budgétaires effectuée pour la première fois par le CNFP. Si dans le laps de temps pris en compte (1996-2016), les estimations du taux de croissance réel de l‘économie et de l‘évolution du chômage sont fiables, il s‘avère par contre que les prévisions du taux de croissance de l‘emploi sont «significativement biaisées». La croissance
de l‘emploi a ainsi été régulièrement sous-estime. Même constat pour les prévisions du solde budgétaire nominal.

L‘analyse viendrait d‘ailleurs confirmer les constats du Statec lui-même qui travaille à l‘amélioration de ses modèles.