LUXEMBOURG
ROGER SPAUTZ

Nouvelles tensions en entre les Etats-Unis et la Corée du Nord: pour la première fois depuis longtemps, deux chefs d’états se menacent ouvertement de s’anéantir mutuellement avec l’usage de l’arme nucléaire. Or, l’ONU a adopté le mois dernier un projet de traité visant à bannir les armes nucléaires. Greenpeace se réjouit que les idées qu’elle défend depuis plus de 40 ans aient enfin fait leur chemin dans la communauté internationale. Cependant, elle condamne l’attitude du Japon et des États qui possèdent l’arme nucléaire: en refusant de participer aux négociations, ils ont trahi la mémoire des victimes d’Hiroshima et de Nagasaki et les espoirs des survivants. A l’occasion de la Journée Internationale contre les tests nucléaires célébrée aujourd’hui, Roger Spautz détaille la position de Greenpeace.

 

Plus de 70 ans après Hiroshima et Nagasaki, en juillet 2017, les Nations unies adoptent enfin un traité visant à bannir les armes nucléaires. Ce texte interdit de mettre au point, de tester, de fabriquer, de posséder et d’utiliser des armes nucléaires, mais aussi de menacer d’en faire usage. Il sera ouvert à la ratification des États à partir du 20 septembre. Une écrasante majorité a voté en sa faveur (122 pays sur 192). À notre grande consternation, le Japon, seul pays à avoir subi une attaque nucléaire, a boudé les négociations onusiennes. Le gouvernement japonais s’est justifié en affirmant craindre qu’une «fracture plus profonde» ne se crée entre les États qui n’ont pas l’arme nucléaire et ceux qui la possèdent, et qui ont tous refusé de prendre part au processus. Depuis la Guerre froide, le Japon est sous le «parapluie nucléaire américain», et le fait qu’il bénéficie de cette «protection dissuasive» serait en contradiction avec un traité qui interdit de brandir la menace des armes nucléaires.

Le Luxembourg s’est lui aussi abstenu. Obligations officielles d’un côté, mais aussi drôle de logique de l’autre côté: Rappelons que nos voisins y sont aussi des champions de l’arme nucléaire. Entre 300 et 450 kilos de plutonium (provenant du combustible usé des centrales françaises) sont transportés chaque semaine sur les routes de France entre les usines de La Hague et de Marcoule pour y être “retraités”, et que seuls quatre à huit kilos de plutonium suffisent pour fabriquer une bombe atomique. Que se passerait-il si ce plutonium tombait entre des mains malintentionnées? Drôle de conception de la «dissuasion nucléaire». Aussi de l’autre côté de nos frontières sur la base aérienne US Büchel en Allemagne, 20 bombes nucléaires sont stockés ainsi que sur la base aérienne de Kleine Brogel en Flandre. La sécurité de ces sites, et la sûreté du stockage de ces bombes fait débat depuis des années.

Bien entendu, ce traité ne permettra pas à lui seul de faire disparaître du jour au lendemain les armes nucléaires. Cependant, il constitue une avancée historique car il reflète la prise de conscience de la communauté internationale de la nécessité de désarmer.