Vendredi treize n’a pas porté chance aux salariés d’E-BAT: c’est ce jour-là que leur entreprise a été déclarée en faillite, après quatre mois de salaires impayés. Tout comme pour PMC Constructions deux semaines plus tôt, c’est un problème de liquidité qui est à l’origine de la banqueroute. «Jusqu’à novembre, les salariés éprouvaient des difficultés à être payés en temps et en heure», confie Hernani Gomes de l’OGBL. Si novembre a été régularisé au début de cette année, les mois suivants et la prime de fin d’année n’ont pas été versés.
Une demande toujours forte
Tout comme dans le cas de PMC Constructions, les syndicats appellent à une réforme de la loi sur les faillites qui, une fois de plus, montre ses lacunes. Outre une révision à la hausse du plafond de garantie en matière de créances «superprivilégiées», l’OGBL demande l’instauration d’un mécanisme qui permettrait de suivre les entreprises en difficulté et d’éviter les mauvaises surprises. Contactée par nos soins la semaine dernière, la Chambre des Métiers ne constate pas de hausse des faillites dans la construction. Le secteur représente sept entreprises sur dix dans l’artisanat et par conséquent, il est proportionnellement plus exposé au risque de faillite. Certes, son directeur général Tom Wirion a évoqué le recours aux entreprises prestataires établies dans les pays limitrophes qui joue fortement dans la concurrence entre les firmes. Mais celles-ci restent demandeuses de main d’œuvre au Grand-Duché. «Une bonne partie des employés de PMC Constructions a déjà trouvé un nouvel employeur», a indiqué hier Hernani Gomes. Le responsable syndical a d’ailleurs déjà envoyé la liste des 18 salariés d’E-BAT au curateur pour qu’il fasse passer le message aux entreprises. Visiblement, les prochains mois s’annoncent meilleurs que les quatre derniers pour les ex-salariés d’E-BAT Constructions.


