LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

L’intelligence artificielle fait désormais partie d’une stratégie nationale

Le gouvernement a présenté vendredi sa stratégie «intelligence artificielle» avec pour objectif d’avoir le pays comme l’un des leaders en la matière en Europe. C’est devenu incontournable. L’intelligence artificielleet l’économie des «big data» ont attiré l’attention des politiques qui veulent grimper dans le train de ces nouveaux outils, quasi promesse d’un nouveau monde. La stratégie est imprimée sur papier glacé, mais il s’agit pour le moment d’un cadre général, Xavier Bettel en sa qualité de ministre de la Digitalisation veut poser des bases: «Nous allons demander jusqu’où peut-on aller, est-ce que nous avons les règlementations adéquates, quels sont les obstacles en matière de données personnelles etc».

Pour le moment, aucune enveloppe n’est dédiée à cette stratégie, mais cela ne veut pas dire que des fonds publics n’ont pas été alloués puisque le ministère de l’Economie a consacré 62 millions d’euros en 2018 pour des projets liés à l’intelligence artificielle et des bourses pour des projets de recherche et développement, sachant que 27 millions d’euros ont été investis en 2017. Cela correspondrait environ à 200 millions d’euros sur les cinq dernières années.

Spatial, l’industrie et santé

La priorité sera mise sur les secteurs qui sont déjà présents au Luxembourg. Xavier Bettel l’a martelé: toutes ces technologies doivent être centrées sur le citoyen. Le domaine spatial, l’industrie et la santé seront ainsi privilégiés, sans compter des actions pour améliorer l’écosystème. «Nous avons déjà l’infrastructure comme c’est le cas avec le HPC. Nous devons développer des applications concrètes pour aider les entreprises à utiliser leurs données», a expliqué le ministre de l’Economie Etienne Schneider également présent lors de cette présentation. Aujourd’hui, moins de 5% des données sont exploitées par les entreprises, un manque à gagner qui représente un énorme potentiel économique pour le pays. Si le duo a été incapable de donner une estimation en terme d’emplois créés, le ministre de la Digitalisation s’est voulu rassurant: «Nous avons mis en place cette priorité nationale en concertation avec tous les ministères, cela concerne donc aussi l’éducation. Certains métiers vont disparaître à l’avenir, d’autres vont émerger, il va falloir former les talents localement, c’est indéniable».

Si quelques exemples sont mis en avant (Talkwalker, SES, Goodyear), la stratégie fait également état de la taille du pays qui empêche le Luxembourg d’avoir la masse critique pour récolter des données à grande échelle. Mais le Grand-Duché compte mettre à profit ses autres atouts pour se faire une place de choix.