BETTEMBOURG
CLAUDE KARGER

En partenariat avec shime, Bettembourg veut venir à bout de cette pollution

Ils gènent et sont une menace pour l’environnement: les mégots de cigarettes qui se retrouvent par millions dans la nature, bien que des cendriers soient disponibles à de nombreux endroits. Mais comment éviter une telle pollution et est-ce que ces mégots peuvent encore servir à quelque chose? Des questions que se posent de nombreux acteurs publics et entreprises depuis de nombreuses années. C’est le cas notamment de la société shime. Créé en 2017, cet acteur dans le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises est entre autres en train de tisser un réseau pour la collecte et le recyclage des mégots dans le but d’en débarasser la nature, mais encore d’en faire du mobilier urbain en partenariat avec l’usine MéGO! située en Bretagne et qui fait partie de la première filière de collecte de recyclage de mégots de cigarettes en Europe.

Parmi les clients de shime se trouvent entre autres Auchan, Arendt&Medernach, Ibis, lux-airport ou encore la BGL BNP Paribas, la BCEE et PwC. Mais il y a aussi des communes qui rejoignent l’initiative. C’est le cas de Bettembourg, où la coopération  a été présentée hier matin en présence notamment de Gusty Graas, échevin responsable de la gestion de l’eau et des déchets et de Stéphane Herard, le directeur de shime.

Des cendriers solides et très visibles

L’idée est de mettre en place des cendriers bien visibles à des endroits stratégiques.  Ces cendriers très solides «made in Luxembourg» par la société Berl ont une capacité de quelque 8.500 mégots et leur contenu est régulièrement vidé par aspiration. Selon Stéphane Herard, sa société, qui est aussi active dans le département français de Moselle et en Belgique, dispose d’une autorisation de stocker entre 500 et 1.000 kilos de mégots, un déchet qui mérite des précautions particulières. Car ce bout de cigarette, qui met environ 15 ans à se dégrader dans la nature contiendrait quelque 2.400 substances polluantes. Toujours selon Herard, un mégot suffirait à polluer quelque 500 litres d’eau. Si on ne sait pas encore chiffrer l’étendue de la pollution aux mégots sur le territoire de la commune de Bettembourg – le dispositif déployé devrait permettre d’avoir une idée plus précise endéans quelques mois – il existe tout de même des études qui ne manquent pas de choquer. Ainsi, sur base d’une enquête réalisée par TNS/ILReS pour le compte de la Fondation Cancer en 2016 et 2018, shime estime que les restes de deux tiers des qelque deux millions de cigarettes fumées par jour au Grand-Duché atterrissent dans la nature. Dernièrement, lors d’une opération dans le cadre du «World Cleanup Day» à Esch-sur-Alzette, quelque 16.000 mégots (environ quatre kilos) ont été collectés en l’espace de quatre heures. Lorsqu’une certaine masse critique est atteinte pour un transport avec une faible empreinte écologique, les mégots sont transportés à l’usine MéGO! près de Brest, où ils sont dépollués et transformés en «PlastiGO!», un matériau brunâtre qui peut notamment servir à produire du mobilier urbain comme des appuie-fesses pour les personnes dans les espaces-fumeurs ou encore pour les passagers des transports en public. Si Bettembourg est la première commune à signer un contrat de trois ans avec shime, Schifflange et Dudelange suivront. Des solutions existent donc pour «éliminer le fléau des mégots», comme le pointe Stéphane Herard. Ne reste plus qu’à compter sur la collaboration des fumeurs pour qu’ils se débarrassent de leurs mégots dans les bons cendriers...