LUXEMBOURG
CLK

Une infirmière au CHL au contact avec des patients Covid-19 témoigne

Comment se déroule le quotidien du personnel en contact avec des patients Covid-19? «C’est compliqué», raconte Nadia Gillet, infirmière aux soins intensifs au Centre Hospitalier de Luxembourg, qui a accepté de témoigner après son service du matin dans l‘unité strictement confinée où sont soignés les patients gravement atteintes par le virus.

Ce qui rend les soins compliqués, ce sont évidemment surtout les consignes de sécurité au niveau de l‘habillage et du déshabillage. Pour éviter toute contamination, tout intervenant doit ainsi s‘équiper d‘un revêtement complet, d‘une charlotte médicale, d‘un masque FFP2 et d‘une double paire de gants. Plus lunettes ou visière de protection. «On est obligé de rationaliser complètement le travail», raconte Nadia Gillet qui en plus de 28 ans de métier comme infirmière n‘a jamais dû faire face à une situation pareille: «c‘est nouveau pour tout le monde».

Pas question évidemment au contact des patients de relâcher ne serait-ce qu‘une seconde les mesures de protection.

Pas question donc de sortir rapidement aux toilettes ou de boire un verre d‘eau lors du travail avec les patients.

Les professionnels de santé sont ainsi comme enfermés dans leur équipement dont l‘enlèvement est encore plus strictement conditionné. Car il faut à tout prix éviter que le virus sorte du confinement.

Nadia Gillet met ainsi plus longtemps à enlever ses habits de protection et pour accomplir le programme de désinfection que les dix minutes que l‘infirmière chevronnée prend pour les mettre. Même si une routine s‘est installée, «il faut réfléchir à chaque geste», confie-t-elle.

Evidemment, vu toutes les contraintes, le staff au sein de l‘unité de réanimation, réorganisée pour pouvoir faire face à l‘épidémie, a été augmenté. La collégialité dans l’équipe est importante, le personnel médical est bien équipé et informé et peut demander de l’aide psychologique à tout moment selon Nadia Gillet.

Mais «l‘atmosphère est plus lourde que d‘habitude», confie-t-elle, «je ne souhaiterais pas vivre cela pendant des mois encore».

Si la situation est pesante, elle offrirait cependant des rayons de soleil. «On se réjouit avec les patients qu‘on a pu aider à gagner le combat contre cette lourde maladie», dit Nadia Gillet.