LUXEMBOURG
ELENA KAZMINA

Après la généralisation de l’interdiction de fumer dans les lieux publics en 2014, on a compté ces dernières années plusieurs pétitions visant à étendre le champ d’application de la loi. Ainsi, en 2018 une pétition visant à interdire la consommation de produits tabagiques sur les terrasses des restaurants avait rencontré un vif succès, donnant même lieu à un débat à la Chambre des Députés, mais sans suite politique. Elena Kazmina a lancé la pétition numéro 1479 pour l’interdiction de fumer à moins de 20 mètres d’une entrée d’immeuble ou des stations des transports publics. Elle nous explique ses motivations.

«S’il est interdit de fumer dans les lieux publics, nombreux sont cependant les locaux où des cendriers sont posés juste devant l’entrée. Les fumeurs s’y rassemblent, ce qui est logique. Mais cela force aussi les non-fumeurs à traverser un nuage de fumée avant d’accéder aux locaux.

Je trouve cela très désagréable, en particulier si l’on est accompagné d’enfants. Si fumer est un droit, je pense que les non-fumeurs ont aussi le droit de ne pas respirer ces fumées. Il m’est important de lancer un débat pour trouver des solutions dans le respect mutuel. Et c’est pourquoi j’ai lancé une pétition afin de pouvoir soulever le problème au Parlement.

J’étais inspirée aussi de certaines régulations qui existent déjà dans certains pays. L’Etat de New York par exemple prescrit des périmètres autour de lieux publics comme des hôpitaux, des écoles ou encore des aires de jeux au sein desquels il n’est pas permis de fumer. A New York, il est par ailleurs totalement interdit de fumer sur les quais ou les plate-formes donnant accès aux transports publics.

D’autres villes ont également pris des dispositions. Strasbourg a par exemple décidé le 1er juillet 2018 l’interdiction de fumer dans les parcs municipaux.

Au Québec, il est interdit de fumer dans un rayon de neuf mètres des entrées d’établissements de soins, d’écoles et de centres communautaires. Je propose un périmètre de 20 mètres autour des entrées de tous les lieux publics pour être certain que les non-fumeurs ne respirent pas les fumées nocives. Si une telle législation devrait voir le jour, elle doit évidemment comporter des sanctions, mais il faut d’abord avertir les fumeurs et engager la discussion avec eux. Par ailleurs, nous devrons réfléchir à proposer des lieux abrités où ils peuvent fumer.»

La pétition 1479 peut être signée encore jusqu’au 12 mars