LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le projet SpaceResources.lu au cœur des interrogations des députés déi Lénk

Le Luxembourg, une nation spatiale? Le pays est en tout cas impliqué depuis février 2016 dans un ambitieux projet visant à le positionner sur la carte du «space mining» et plus largement de l’industrie du «new space». Trois ans et demi plus tard, où en sommes-nous? C’est ce que les députés déi Lénk Marc Baum et David Wagner ont tenté de savoir à travers 20 questions adressées au ministre de l’Economie Etienne Schneider, au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Claude Meisch et au ministre de la Défense François Bausch.

Côté diplomatique, le Luxembourg a conclu à ce jour huit accords de coopération avec d’autres pays: le Portugal, les Emirats arabes unis, le Japon, la Chine, la Pologne, la République tchèque, la Belgique et les Etats-Unis. «Le gouvernement entend poursuivre la conclusion de tels accords bilatéraux», soulignent les ministres qui précisent que le protocole d’entente signé en mai dernier avec les Etats-Unis, «ne viole en aucune manière le Traité de l’Espace».

Quant au tissu économique, il est aujourd’hui formé d’une cinquantaine d’entreprises et laboratoires de recherche qui emploient quelque 800 salariés selon le «LSA Space Directory» paru cette année.

Les annonces de signatures de «Memorandum of Understanding» (MoU) se sont par ailleurs enchaînées ces derniers mois en matière de recherche & développement (R&D). Au total, une dizaine d’accords sont actuellement en vigueur selon les trois ministres avec les entreprises Deep Space Industries, iSpace Europe, Gomspace Luxembourg, Spire Global Luxembourg, Kleos Space, Hydrosat, Made in Space Europe, Cuberover, Flawless Photonics et Thales Alenia Space. Si le contenu des accords en question est confidentiel car «la divulgation sur la place publique pourrait porter un grave préjudice aux entreprises concernées». «Ces MoUs n’engagement aucunement de manière directe des fonds publics».

Selon les ministres Schneider, Meisch et Bausch, «ces déclarations d’intention se limitent à indiquer la voie pour le financement de projets de recherche et développement y détaillés moyennant des instruments de financement existants». Au total, la dizaine de MoUs a identifié des projets potentiels de R&D portant sur un total de près de 50 millions d’euros, renseigne le document.

Un master prêt à décoller

En matière de recherche, les ministres précisent que le Fonds national de la recherche (FNR) «ne subventionne pas directement les activités R&D de l’industrie spatiale». L’organisme finance les institutions de recherche comme le LIST et l’Université du Luxembourg qui collaborent alors avec des acteurs privés dans le domaine spatial. A ce propos, l’espace concentre 48 projets de recherche à l’Uni.lu, selon un décompte des ministres. Plus de 30 d’entre-eux concernant le SnT, une dizaine sont en cours à la FSTC et le reste en droit à la FEDF. «L’Université a des coopérations avec une douzaine de partenaires académiques ainsi qu’avec quinze partenaires industriels», souligne le trio. En outre, 70 chercheurs sont impliqués dans le domaine spatial, qui revêt sans surprise une dimension très internationale.

Ainsi au LIST, où 50 chercheurs sont impliqués, trois d’entre eux sont issus de l’enseignement secondaire luxembourgeois et cinq sont titulaires d’un passeport au lion. «Le Luxembourg a toujours eu recours à des experts venant de l’étranger», insistent les élus.

Dès septembre, l’Université du Luxembourg proposer un «Interdisciplinary Space Master» de deux ans. A la mi-juillet, l’institution avait reçu 107 candidatures soit cinq fois plus que le nombre d’inscriptions disponibles pour la première promotion.

A noter que l’automne sera aussi marqué par la contribution du Luxembourg aux travaux du «The Hague International Space Resources Governance Working Group». La deuxième phase devrait se terminer en novembre et découler sur une liste de 20 «building blocks» visant à établir une base à un futur cadre international pour l’exploration et l’utilisation pacifiques des ressources spatiales.