KEISPELT
CATHERINE KURZAWA

La famille Rosa part à la découverte du monde avec un véhicule hors du commun

Mettre entre parenthèse son train-train quotidien pour découvrir une partie du globe pendant un an, voilà le projet de la famille Rosa. Au départ du Grand-Duché, Ricardo, Stéphanie et leur deux filles comptent parcourir plus de 30.000 km en passant par Moscou, la route Transsibérienne, la Mongolie, le Kazakhstan, l’Iran, la Turquie et enfin la Scandinavie. «J’ai entendu dire que la Russie profonde a des paysages magnifiques, que l’on peut rouler des milliers de kilomètres avant de rencontrer des gens», explique Ricardo. En février dernier, il a acheté un véhicule tout terrain Unimog. «On ne se voyait pas dans un camping-car parce qu’on est limité aux routes. Ici on a le choix et on peut aller d’un village à l’autre et se laisser surprendre par l’imprévu», ajoute-t-il. La famille souhaite aussi aller à la rencontre des populations locales et tenter d’échanger avec elles. «Je me sentirai mal d’arriver dans des petits villages où on gagne deux euros par jour avec un gros camping-car flambant neuf». Pour Stéphanie, enseignante, ce voyage est l’occasion de nouer des contacts et de voir comment ses confrères travaillent sous d’autres latitudes. «Je veux montrer à mes enfants et à mes élèves qu’il existe autre chose et qu’on est gâté dans notre pays», explique-t-elle. Aussi, sa profession facilite l’organisation de cette année sabbatique puisque Océane et Maelys, âgées de six et trois ans, doivent continuer à suivre le programme scolaire luxembourgeois.

Un véhicule paré à toute épreuve

Si le grand départ est prévu pour la mi-juillet 2015, la famille Rosa s’y prépare petit à petit tous les jours, en jonglant entre la vie professionnelle et familiale. À Pâques, l’équipage a embarqué à destination des Pyrénées histoire de tester le véhicule dans le froid et en altitude. Cet été, c’est vers le Portugal que Ricardo a mis le cap avec sa femme et ses enfants afin aussi de réaliser quelques travaux d’aménagement de l’Unimog. Aujourd’hui, il a pour ainsi dire tout en double: deux réfrigérateurs, deux réserves d’eau potable (et une pompe), deux boilers, huit batteries et deux réservoirs soit 540 litres de capacité. Le véhicule de 9,5 tonnes consomme en moyenne 20 litres de Diesel aux 100 km. Il affiche 130.000 km au compteur et a déjà un tour du monde derrière lui, grâce à ses précédents propriétaires. Reste que le camion devra encore être rééquipé en cours de trajet. Chaque pneu ne peut en effet rouler que 12.000 à 13.000 km. Deux trains seront donc nécessaires pour des équipements qui coûtent 800 à 1.300 euros par pièce. Un sacré budget à prévoir et qui ne va pas sans quelques sacrifices de la part de la famille, qui va notamment mettre sa maison en location et vendre une voiture. Dans le même temps, les Rosa étudient la possibilité de recourir à quelques sponsors qui pourraient contribuer à leur équipement.

L’aventure devrait prendre fin en août 2016 mais Ricardo Rosa a déjà d’autres projets en tête: la traversée des États-Unis d’Amérique par exemple. D’autres destinations l’inspirent comme l’Australie et l’Amérique du Sud mais pour celles-ci, le transport du véhicule jusqu’au point de départ est non seulement difficile mais aussi très coûteux. La petite équipe se concentre donc d’abord sur cette belle expérience qu’elle s’apprête à vivre sur le continent avec déjà une grande impatience. «On a toujours voulu faire la Mongolie», dit Stéphanie Rosa. Si la feuille de route est prête, celle-ci évoluera au gré des rencontres et des aventures de la famille. Elle a cependant fixé quelques dates et lieux fixes, histoire de pouvoir recevoir la visite de proches désireux de prendre de leurs nouvelles et de vivre avec eux un petit bout de ce qui s’annonce déjà comme un beau et long voyage.


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