LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Lidl investit 37 millions d’euros pour son expansion au Luxembourg

Lidl fêtera l’année prochaine ses 20 ans de présence au Luxembourg, et avec 37 millions d’euros d’investissement, l’enseigne ne chôme pas pour renforcer son implantation aux quatre coins du pays. Le ruban est coupé aujourd’hui dans le nord du pays, à Huldange, le 11e magasin Lidl à ouvrir ses portes au Grand-Duché. Avec plus d’espace que les anciens magasins, une circulation «plus agréable» pour les clients, le groupe allemand impose sa marque de «smart discount» initié depuis 2012. Huldange n’est que le premier projet actuel du groupe, puisque le magasin de Differdange a été entièrement détruit pour reconstruire un tout nouveau, tout en doublant au passage sa surface.

Les travaux ont commencé au printemps 2019 pour finir, avec des retards liés à la crise Covid-19, à l’automne de cette année. Si les magasins avaient jusque-là environ 1.000 mètres carrés de surface de vente, Lidl pousse les murs et propose aujourd’hui dans ces nouvelles surfaces une moyenne de 1.400 mètres carrés. Dans les prochains jours, l’enseigne déposera également un permis de bâtir pour un nouveau supermarché à Dudelange. Ces trois projets créeront quelque 60 nouveaux emplois à Luxembourg.

12 magasins,et pas 19 comme espéré

En 2016, un article du «Journal» évoquait que le groupe prévoyait «un investissement de 100 millions d’euros pour rénover ses neuf points de vente de l’époque, et d’en ouvrir dix de plus d’ici à 2023». Le rythme s’est donc ralenti puisqu’avec Dudelange qui devrait voir le jour en 2022, Lidl aura 12 magasins, et pas 19 comme espéré.

Si en 2016 le groupe espérait déjà ouvrir à Dudelange en 2017, Lidl parlait alors d’Esch-sur-Alzette puis Howald pour les ouvertures suivantes. Pour le sud, c’est Foetz entre-temps qui a ouvert, non loin d’Esch, encore rien du côté d’Howald par contre. Loin de créer une saturation du marché, Lidl exploite le dynamisme du marché luxembourgeois: «Nous nous implantons dans des points stratégiques du pays qui répondent à des besoins, les chiffres sont très satisfaisants pour le Grand-Duché et c’est pourquoi nous continuons notre expansion», explique Julien Wathieu, porte-parole de Lidl Belux. Mais il faut parfois composer avec les règles locales.

Ainsi le projet de Dudelange est mixte, le supermarché au rez-de-chaussée de plus de 1.200 mètres carrés alors que l’étage qui sera dédié à des espaces professionnels est remis aux soins d’un promoteur qui se chargera de louer des espaces. Une exigence de la commune pour que le groupe puisse s’y implanter: «C’est de cette façon plus facile d’obtenir un permis de construire, cela se fait beaucoup à Bruxelles par exemple, avec à l’étage des appartements. Mais notre cœur de métier reste l’alimentaire, nous ne sommes pas promoteurs immobiliers, c’est pourquoi nous laisserons cette tâche à des entreprises spécialisées», poursuit le porte-parole.

«Nous portons un grand intérêt à Luxembourg-Ville»

Le magasin de Dudelange, le 12e du groupe dans le pays, devrait voir le jour en 2022, ce qui donne l’ouverture d’un magasin quasi chaque année ces dernières années. Et l’enseigne ne compte pas s’arrêter là: «Nous portons un grand intérêt à Luxembourg-Ville car nous n’y sommes pas encore présents, même si le foncier est compliqué dans la capitale, nous cherchons activement à nous y implanter», annonce Julien Wathieu. Lidl est en effet présent en périphérie, à Strassen, Beggen et Bertrange pour ce qui est du centre du pays. Dudelange va compléter une présence assez importante dans le sud avec des magasins à Foetz, Differdange et Pétange. Huldange va compléter le nord du pays avec Mersch, Pommerloch et Ingeldorf, tandis qu’à l’est, on trouvera un Lidl à Wasserbilig.

Commerces de première nécessité, les supermarchés de la marque ont bien tourné pendant le confinement. «Au mois de mars, les clients ont effectué des stocks en se fournissant en denrée à date lointaine de péremption comme les pâtes, le riz, la farine, soit une augmentation de 40%, pour les surgelés c’était un bond de 20%. Les clients se rendaient moins fréquemment au supermarché, mais le panier moyen était plus important que d’habitude», observe le porte-parole.

En première ligne pendant la crise, les 315 collaborateurs du groupe recevront un bon d’une valeur de 170 euros valable dans tous les magasins Lidl de Luxembourg. Et au prorata du temps de présence, chacun pourra obtenir jusqu’à 500 euros de prime, précise le groupe. En Belgique, les mêmes collaborateurs ont obtenu au prorata de présence jusqu’à 7 jours de congés et 250 euros d’éco-chèques pour les produits non-alimentaires, le tout négocié par les partenaires sociaux locaux.

Lidl a fait le choix de ne pas proposer d’eshop pour l’alimentaire, pourtant proposé depuis plusieurs années en Allemagne, et n’a pas d’option de «drive», qui a été fortement sollicité dans d’autres enseignes concurrentes pendant le confinement pour éviter les sorties en public. Si il n’y a rien de concret en ce qui concerne la vente sur internet, le groupe va expérimenter un point de livraison au magasin de Bertrange à la rentrée pour une phase de test. L’expérience en magasin reste pour le moment la priorité. Pourtant il y a quelques jours sur la chaîne française BFM-TV, le directeur achat et marketing de Lidl France Michel Biero a déclaré qu’«il y a clairement une carte à jouer sur l’e-commerce alimentaire». Ce dernier a déclaré également que Lidl France avait souffert pendant la crise, une situation bien différente pour le Grand-Duché comme l’a expliqué le porte-parole pour la Belgique et le Luxembourg.

Après les achats panique du mois de mars, ce sont les produits frais qui ont pris le dessus en avril et en mai. «Les clients ont sans doute passé plus de temps en cuisine car nous avons observé une augmentation des fruits et légumes, qui représentent désormais 20% du chiffre d’affaires, et une baisse de plats préparés». Les produits frais, en particulier les fruits et légumes sont devenus les fers de lance de l’enseigne qui les met systématiquement en avant dans l’entrée de chaque magasin.