LUXEMBOURG
EMILE EICHER

Les communes, en tant qu’autorités politiques les plus proches de la population, jouent un rôle important dans le combat de la pandémie du «Covid-19». A tel point que la crise a le potentiel de changer durablement les relations entre les pouvoirs locaux et le Gouvernement. Réflexions d’Emile Eicher, président du Syndicat des villes et communes luxembourgeoises (SYVICOL).

«Pour les communes, la protection de la population contre la propagation du virus constitue un défi considérable, qu’elles ont relevé activement et sans hésiter.

Dès l’apparition des premiers cas au Luxembourg, le SYVICOL a pris l’initiative de contacter les autorités compétentes pour clarifier les rôles respectifs dans la gestion de la crise, à un moment, d’ailleurs, où on hésitait encore à utiliser ce terme. Le syndicat s’est positionné rapidement comme relais, en collectant les questions et les doléances de ses membres et en recherchant les solutions correspondantes en dialogue étroit avec le Gouvernement. Depuis ce moment, il a été en contact quasi-constant avec la ministre de l’Intérieur et ses services. Il a également rencontré les ministres de la Santé et de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse. Les échanges, fructueux, se sont déroulés sur un pied d’égalité, dans un esprit clairement partenarial et surtout d’une façon non bureaucratique.

Pour simplifier et accélérer la communication entre les communes, le SYVICOL a créé un groupe “Whatsapp” rassemblant tous les bourgmestres. Cette plateforme très dynamique s’est dévoilée comme un véritable outil de coordination de l’action communale, permettant de trouver en un rien de temps des solutions cohérentes, mais toujours adaptées aux spécificités locales, aux défis communs. Tout ceci, il faut le souligner, sans aucune incitation, ni régulation externe.

Les 102 communes, fédérées au sein du SYVICOL, se sont établies comme un partenaire non seulement fort et fiable, mais carrément indispensable des autorités nationales en temps de crise. Démontrant l’efficience de l’action locale dans l’intérêt d’objectifs nationaux, le secteur a amplement mis en évidence le bien-fondé des principes de subsidiarité et d’autonomie communale.

Pour le SYVICOL, les réformes, d’abord de la tutelle administrative sur les communes, puis de la loi communale toute entière, devront être l’occasion pour une redéfinition profonde, non seulement des relations entre l’Etat et les communes – dont il est évident que la conception hiérarchique surannée devra faire place à une approche partenariale moderne – mais aussi de la répartition des compétences et pouvoirs respectifs.

Dans ce contexte, il faudra également revoir les missions et les attributions du SYVICOL, qui, lui aussi, a indéniablement fait ses preuves en cette période de crise. Le moment est venu d’institutionnaliser enfin son rôle dans le monde politique luxembourgeois.»