LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les taux planchers appelés à perdurer sur le long terme, prévient Fidelity International

Ce n’est un secret pour personne: l’argent n’a jamais été aussi bon marché qu’aujourd’hui et quand bien même la Fed devrait aujourd’hui annoncer une nouvelle hausse de ses taux directeurs, Fidelity International ne s’attend plus à de grands mouvements, si ce n’est sans doute une dernière poussée l’an prochain. «La hausse des taux est terminée», affirme Romain Boscher, «Global CIO» pour les actions au sein de la société de gestion basée à Londres.

De passage à Luxembourg mardi, le responsable des investissements se montre confiant quant aux perspectives pour 2019: «Il n’y a que des bonnes surprises à attendre». Seule ombre au tableau, si l’on peut dire, la Chine et son surendettement couplé à un ralentissement de sa croissance. «S’il y a un élément qui nous inquiète, c’est l’ampleur du ralentissement en Chine», admet Boscher pour qui «la Chine a un problème de fond: sa politique est axée sur le volume et non pas la valeur».

Plus endetté que pendant la crise

Les marchés émergents et matures partagent désormais un point commun: leur niveau élevé de dette. Il a même dépassé celui de la crise de 2008, pointe Fidelity pour qui «les banques centrales ne peuvent plus augmenter les taux d’intérêts parce qu’avec ce niveau de dette excessif, toute hausse des taux génèrerait une nouvelle crise». D’ailleurs, depuis dix ans, les taux à long terme se situent sous la barre des 3%. «Ces niveaux de taux d’intérêts sont pour nous la nouvelle norme», avance le responsable qui y voit une similitude avec le Japon, exposé depuis des décennies aux taux bas. «Les actions demeurent l’ultime source de rendement si vous restez dans le monde des actifs financiers liquides cotés», assure Romain Boscher. Une affirmation qui tranche avec les performances des onze derniers mois: «Début décembre, 90% des actifs financiers montraient une performance absolue négative depuis le début de l’année». Seuls 10% des produits ont généré un rendement positif, comme des actions russes par exemple. Bref, le rendement n’est pas forcément là où on l’attend. Pour Fidelity, mieux vaut privilégier les actions d’entreprises peu endettées de préférences situées en Europe et dans les pays émergents. Mieux vaut éviter les valeurs bancaires qui pâtissent de l’environnement de taux planchers. «Le taux, c’est le carburant d’une banque», souligne le directeur de l’investissement. «Les valorisations sont très attractives», dit-il tant «on n’a jamais eu de prime de risque aussi généreuse qu’aujourd’hui».

Voilà qui devrait réconcilier les investisseurs avec les marchés boursiers, à l’heure où le traditionnel rallye de fin d’année est aux abonnés absents. A ce propos, Romain Boscher observe ce mouvement de vente des titres et le tient à l’œil. Il pourrait donner lieu à «l’autoréalisation d’un scénario de panique lente». Mais dans un contexte où le marché obligataire est toujours un terrain miné, les actions gardent la cote.

www.fidelity.lu