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CATHERINE KURZAWA

Orcadia Asset Management présente son analyse macroéconomique pour 2017

Une année chargée se termine pour Geert De Bruyne et Etienne de Callataÿ: ils ont lancé au printemps dernier Orcadia Asset Management avec quatre autres anciens de la Banque Degroof. Aujourd’hui, le gestionnaire spécialisé dans les investissements durables emploie huit salariés et a déjà dépassé son objectif annuel de 150 millions d’euros avec une collecte totale de capitaux de près de 200 millions d’euros. Pour commencer 2017, les deux responsables nous livrent le menu macroéconomique de l’année sans oublier l’actualité de leur société.

En votre qualité d’économiste en chef d’Orcadia AM, quelles sont vos anticipations pour 2017?

ETIENNE DE CALLATAŸ 2017 sera une année qui, malgré les chocs politiques que l’on attend, devrait a priori s’inscrire dans le droit fil de 2016, une année qui a eu aussi ses chocs politiques et qui elle-même s’inscrit dans le droit fil de 2015. Cela nous amène à penser que sur le plan économique et financier, a priori, il faut plutôt minimiser l’incidence de ces évènements relevant de la sphère politique. On l’a vu avec le Brexit, avec Donald Trump, avec le référendum italien: ce sont des évènements majeurs et pourtant ça n’a pas eu les conséquences qu’on aurait été en droit d’attendre en particulier pour la dimension d’incertitude.

Avant le 8 novembre, on disait qu’il valait mieux pour l’économie qu’Hillary Clinton remporte l’élection. Il y a eu un retournement dans le consensus de beaucoup d’analystes…

DE CALLATAŸ Exactement. Et même si on veut positiver Trump, il y a très certainement cette dimension-là qui est le fait que la politique budgétaire qui avait été mise au régime contraint et forcé pourrait être réactivée. Ce que j’en pense? Je suis circonspect. Certainement s’agissant des USA on ne peut pas dire que l’économie tourne à bas régime, avec un taux de chômage à 4,6%, les USA n’ont pas besoin d’une impulsion budgétaire additionnelle. Que les marchés financiers saluent cela est donc étonnant. Et cela nous amène à garder un petit billet prudent et être très attentifs quant à un retournement dans la confiance des opérateurs financiers.

Au niveau des marchés obligataires, il semble que les perspectives soient sombres…

DE CALLATAŸ Nous avons mis à profit la petite remontée des taux observée ces derniers temps pour très légèrement remonter notre duration mais qui était à des niveaux extrêmement bas. Nous étions positionnés pour cette remontée des taux d’intérêt, nous avons un petit peu réduit l’amplitude de notre positionnement en duration. Mais nous restons à penser avec nos collègues que la hausse des taux est plus devant nous que derrière nous.

Pour résumer, vous avancez sur la pointe des pieds en 2017?

DE CALLATAŸ Oui tout à fait. Je dirai que nous ne paniquons pas par rapport aux évènements politiques. Nous nous écartons des scénarios catastrophes et nous sommes investis mais avec un petit billet de prudence et un grand billet de vigilance. Nous continuons à tabler sur une poursuite de la remontée des taux liée aussi à une ré-accélération de l’inflation. Et par ailleurs pour ce qui est du marché action, nous avons à l’esprit que celui-ci pourrait venir à souffrir si les anticipations à l’encontre de M. Trump étaient un peu moins positives que ce qu’elles ont été.

Par rapport à l’or, quelles sont vos perspectives?

DE CALLATAŸ Depuis l’été on est plutôt dans une tendance baissière et tant mieux parce qu’investir dans l’or ne peut avoir de sens que si vous avez à l’esprit un scénario de fin du monde. L’or souffre maintenant de la remontée des taux d’intérêts parce que vous avez un coût d’opportunité à la détention de votre or. Donc, mettre de l’or dans votre portefeuille pour le sécuriser c’est une sécurité qui ne vous rapporte rien mais qui surtout génère le fait que vous devez renoncer à ce que vous auriez obtenu si vous aviez investi autrement.

La Spuerkeess a lancé il y a quelques semaines le premier lingot d’or «fairtrade». Considérez-vous cela comme un investissement durable?

DE CALLATAŸ Le secteur des métaux précieux est sujet à des interrogations sur le plan des conditions sociales et environnementales d’exploitation. On a des cas de pollution avérés, des cas d’abus, des financements de contrebande, d’instabilité politique, de corruption. Donc, les métaux précieux sont une calamité sur le plan humain. Je salue l’initiative mais on doit bien voir que cette dimension «fairtrade» ne peut pas être totalement englobante. Je veux dire par là que même si l’or est produit dans des conditions respectueuses de l’environnement et des droits sociaux, il peut continuer à aviver des tensions politiques par exemple. Donc, il y a quelque part malheureusement une sorte de contradiction dans les termes entre métal précieux et «fairtrade».

Par rapport à Orcadia AM, l’année 2016 se termine. Quel est le bilan de vos premiers mois d’activité?

GEERT DE BRUYNE Nous sommes ravis de tous les points de vue. On sent qu’il y a une réaction positive par rapport à l’offre de gestion et la bonne nouvelle, c’est qu’on observe - conformément aux calculs préalables - qu’on ne sacrifie pas de rendement dans cette approche de donner un peu plus de sens aux investissements. Au niveau de la gestion de notre Sicav, on voit que notre performance se situe confortablement dans le premier quartile d’un échantillon d’une cinquantaine de concurrents.

Quelle est cette performance?

DE CALLATAŸ Pour la Sicav on est à presque 5%. Elle a été lancée le 1er juin.

DE BRUYNE Nous venons de passer le cap des 70 millions d’euros investis. Donc, on espère que 2017 va continuer sur le même élan. Cela me plaît de dire qu’outre des clients privés nous avons eu le plaisir de signer avec des clients institutionnels basés en France et en Belgique. Cela fait partie intégrante de notre offre, on l’a dit dès le début qu’on voulait être un gestionnaire privé mais aussi s’adresser aux professionnels. J’ai hâte dans les semaines et les mois qui viennent de signer de signer de nouveaux dossiers.

www.orcadia.eu