LUXEMBOURG
ALEXANDRA OXACELEY

Les invendus alimentaires éveillent bien des appétits. Depuis quelques mois, une application tire son épingle du jeu: «Too Good To Go». Elle met en contact des consommateurs avec des détaillants alimentaires qui souhaitent se débarrasser de leurs invendus en les écoulant à prix cassés. En Belgique, des associations caritatives dénoncent une forme de concurrence déloyale dans la mesure où les détaillants peuvent revendre les invendus plutôt que les donner, ce qui prive les organisations de dons précieux à leur bon fonctionnement. Qu’en est-il au Luxembourg? Réponse avec Alexandra Oxaceley, directrice de la «Stëmm vun der Strooss».

«Au Luxembourg, nous avons tellement de supermarchés, boulangeries et autres commerces qui nous demandent de venir chercher des invendus que nous sommes parfois contraints de refuser, tout simplement parce nous n’avons pas suffisamment d’espace pour stocker cela.

Cette application, nous n’y sommes donc pas du tout opposés et même favorables, car le principal à nos yeux est que les gens aient accès aux produits. Il ne faut pas croire qu’il faut absolument être à la rue pour bénéficier de nos services. Nous avons des bénéficiaires qui ont du mal à joindre les deux bouts et une application comme «Too Good To Go» peut les aider.

Après tout, les associations n’ont pas le monopole pour aider les personnes défavorisées. C’est à tout le monde de s’y mettre: Etat, particuliers et entreprises.

La “Stëmm vun der Strooss” soutient toute initiative visant à soulager le portefeuille des plus fragilisés. En cette période estivale, nous restons ouvert et continuons de prodiguer nos services, même si certains ont été temporairement suspendus pour cause de canicule. Nos restaurants sociaux restent ouverts car c’est aussi dangereux de laisser quelqu’un dehors par temps de gel que par un soleil de plomb. L’hypothermie et l’hyperthermie, c’est pareil: les risques sont aussi grands. Et si on juge que la chaleur est dangereuse pour les enfants et les personnes âgées, pas besoin d’aller chercher loin pour se rendre compte que c’est aussi dangereux pour les personnes qui sont à la rue.»

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