LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les syndicats de la place financière dénoncent une «rupture de confiance entre partenaires sociaux»

Alors que ce jeudi 9 mai a été - pour la première fois - férié au Luxembourg, voilà que l’ALEBA, l’OGBL et le LCGB-SESF montent au créneau contre les organisations patronales ABBL et ACA. Dans un communiqué de presse diffusé mercredi en fin de journée, les syndicats qualifient de «rupture de confiance entre partenaires sociaux» l’interprétation que fait le patronat de la loi introduisant un 26ème jour de congé.

L’ABBL et l’ACA ont recommandé à leurs membres de ne pas octroyer ce jour de congé légal supplémentaire à l’ensemble de leurs salariés. En cause, une différence entre le texte de loi et les intentions du nouveau gouvernement inscrites dans l’accord de coalition, «excluant une adaptation automatique des congés fixés par les conventions collectives».

Pas de congés mais des «compensations»

Le fait est que dans les banques, les salariés bénéficient de 36 à 38,5 jours de congé légal et de 36,5 à 37,5 jours du côté des assurances. Mais pour les syndicats, ces journées supplémentaires ne sont pas des congés légaux mais des compensations. Il s’agit d’une part de récupérer les anciens jours fermés fixes qui ont été abandonnés comme le lundi de carnaval, le lundi de braderie, le mardi de la Pentecôte et le 2 novembre. En lieu et place de ces journées, il a été convenu de poser des jours libres. D’autre part, il s’agit d’une compensation octroyée par le patronat en échange de la semaine de travail à 40 heures, que les syndicats souhaitaient voir réduite.

Et aux syndicats de souligner que le texte de loi voté le 25 avril stipule que la durée du congé légal est de 26 jours minimum, indépendamment de l’âge des salariés. Selon le trio, l’ABBL et l’ACA discriminent les salariés âgés qui ont des conditions plus favorables en matière de jours de congé que leurs cadets.

Face à cette situation, les syndicats annoncent qu’ils comptent «organiser les recours légaux nécessaires ainsi que des actions sur le terrain». Ils dénoncent une «interprétation téméraire de la loi et des conventions collectives» et ajoutent qu’ils vont informer les salariés de la situation. En dépit d’une météo clémente pour le nouveau jour férié de jeudi, l’été social s’annonce chaud, très chaud.