LUXEMBOURG
PAUL BROHOLM

Aujourd’hui, les investisseurs sont de plus en plus préoccupés par le chaos qui règne à Washington. Donald Trump ne semble pas en mesure de rester concentré suffisamment longtemps pour relever les défis liés à son rôle de président et a été sérieusement affaibli par une série de blessures auto-infligées. 

Si Trump devait démissionner ou être démis de ses fonctions, la procédure de succession décrite dans la Constitution américaine serait engagée et le vice-président Mike Pence serait élevé à la magistrature suprême du pays.

Homme discret de 57 ans, Mike Pence est très différent de Donald Trump. Homme politique au sens traditionnel du terme, Pence s’est lui-même décrit comme étant «chrétien, conservateur et Républicain, dans cet ordre».

Bien qu’ils soient en désaccord sur un certain nombre de points, du moins jusqu’à ce que Pence devienne vice-président, les deux hommes ont également beaucoup de choses en commun.

Dès son élection à la Chambre des Représentants en 2000, Pence s’est montré déterminé à sabrer les dépenses fédérales et à réduire le rôle de l’État. Après six mandats au Congrès, y compris en tant que membre du Tea Party (un groupe parlementaire ultraconservateur sur le plan social et fiscal), il a été élu gouverneur de l’Indiana, son État de naissance.

Dans ce rôle, Pence est crédité de la plus forte réduction d’impôts jamais réalisée dans l’histoire de cet État, supprimant notamment l’impôt sur les successions et réduisant l’impôt sur le revenu et les actifs des entreprises. Au niveau fédéral, Trump a de même proposé de supprimer l’impôt sur les successions, tout en réduisant également le taux d’impôt sur les sociétés de 35 à 15 %.

La perspective d’une continuité à cet égard contribuerait grandement à rassurer les marchés en cas de crise constitutionnelle, de même que le bilan de Pence en matière de promotion des investissements en infrastructures.

Si les deux hommes semblent s’accorder sur les impôts et les dépenses d’infrastructure, Pence est en revanche un partisan de longue date du libre-échange alors que le président est ouvertement protectionniste. Au Congrès, Pence s’est opposé à l’imposition de droits de douane sur les marchandises importées (que Trump a menacé à plusieurs reprises d’imposer), tout en soutenant activement le Partenariat transpacifique (que Trump a abandonné par décret) et l’accord de libre-échange nord-américain (que l’actuel Président des États-Unis a qualifié de «pire accord commercial jamais signé dans ce pays»).

Par conséquent, une présidence Pence pourrait être un immense soulagement pour les entreprises et les pays qui dépendent du commerce international. Et bien que Trump ait fait marche arrière sur un grand nombre de ses menaces visant à annuler de manière unilatérale une série de traités commerciaux importants, les perspectives de croissance à l’international seraient vraisemblablement plus favorables sous un gouvernement beaucoup moins «nativiste».

Basé à Amsterdam, M. Broholm est Chief Investment Officer chez Theodoor Gilissen, société du réseau KBL European Private Bankers. Les propos et points de vue exprimés dans ce document sont ceux de l’auteur à la date du présent article et sont susceptibles d’être modifiés. Cet article est également de nature générale et ne doit en aucun cas être assimilé à un conseil en investissement, d’ordre juridique, fiscal ou comptable. Photo: KBL - Lëtzebuerger Journal
Basé à Amsterdam, M. Broholm est Chief Investment Officer chez Theodoor Gilissen, société du réseau KBL European Private Bankers. Les propos et points de vue exprimés dans ce document sont ceux de l’auteur à la date du présent article et sont susceptibles d’être modifiés. Cet article est également de nature générale et ne doit en aucun cas être assimilé à un conseil en investissement, d’ordre juridique, fiscal ou comptable. Photo: KBL
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