LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le spécialiste de l’immobilier de bureau Inowai a livré hier ses chiffres du troisième trimestre 2018, en soulignant la pénurie de surfaces

Inowai a livré hier ses chiffres du troisième trimestre 2018. L’immobilier de bureau devrait dépasser cette année encore les 200.000 m² occupés.

C’est donc un bon cru qui se profile pour l’immobilier de bureau. Si les surfaces occupées sont plus petites, le marché se porte plutôt bien. Avec une moyenne de 660 m², «la dynamique de marché est très positive. Il n’y a pas si longtemps, on considérait qu’avec 150.000 m² pris en occupation, l’année était très bonne. En 2018, pour la cinquième fois consécutive, on va franchir le cap des 200.000 m²», commente Julien Pillot, «Head of Office Agency» au sein d’Inowai.

Difficile de trouver des nouveaux locaux, le taux de vacance est de 3,45%, contre 5,14% au troisième trimestre 2017. Cela prouve la bonne santé du secteur: «Peu de biens nouveaux sont livrés sur le marché. En outre, les nouvelles surfaces sont le plus souvent pré-louées longtemps à l’avance. Sur les quartiers les plus en vue, il devient presque impossible de trouver. Le taux de vacance est de 0,2 % au Kirchberg. Et il faudra encore attendre deux à trois ans pour voir de nouvelles livraisons compléter l’offre du quartier d’affaires, avec un projet du Fonds Kirchberg au rond-point Serra (10.000 m²), le nouveau siège d’ArcelorMittal (avec 22.000 m² qui ne seront pas occupés par le géant industriel) ou encore le troisième immeuble de bureau signé Giorgetti (+/- 13.000m²), sur le site Media Bay (RTL). Il y a cependant fort à parier que ces espaces trouveront des occupants avant leur livraison».

Le stock devrait dépasser les 4 millions de m² disponibles

On peut en revanche tenter sa chance dans d’autres quartiers, avec un taux de vacance un peu plus élevé: 1,86 % dans le centre-ville, 2,52 % à la gare, 5,84 % à la Cloche d’Or. C’est ce dernier qui offre le plus de potentiel, d’autant qu’il a été formaté pour les locations de bureaux. Même si les promoteurs se sont lancés dans des projets avant même d’avoir trouvé preneur. Inowai estime qu’il faudra attendre deux à trois ans, et voir les projets sortir de terre, pour se faire une idée pour le quartier Cloche d’Or.

La demande est telle que le stock devrait dépasser les 4 millions de m² disponibles d’ici la fin de l’année, il faut donc regarder du côté des marchés périphériques. Comme Luxembourg-Ville est un marché très tendu, certaines entreprises se dirigent vers d’autres quartiers, où les loyers sont nettement plus abordables: «Si l’on regarde les dernières livraisons, on relève l’installation de Telindus sur le zoning de Bourmicht à Bertrange, l’extension de Foyer à Leudelange, une prise en occupation de l’Etat à Strassen, celle de MM Warburg à Munsbach ou encore une location de surface par Deloitte à Belval», détaille Julien Pillot.

Du côté du marché de l’investissement, la dynamique autour de Luxembourg est aussi extrêmement positive. Sur les trois premiers trimestres, 1,436 milliard d’investissements ont été réalisés au Luxembourg pour quelque 36 transactions. «L’évolution du volume d’investissement annuel continue donc de croître. Il n’est pas impossible que, pour l’année 2018, on se rapproche du cap de deux milliards d’euros investis, explique Julien Pillot. S’il est encore jeune, le marché luxembourgeois gagne en maturité. Il est de plus en plus connu des investisseurs à travers le monde et particulièrement apprécié pour sa stabilité et la qualité de ses biens»