LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le bilan de la compétitivité montre un entrepreunariat dynamique

L’Observatoire de la compétitivité (ODC) a présenté mercredi son bilan, avec un focus sur l’entrepreneuriat. L’ODC a compilé plusieurs études mondiales sous un travail de recherche de STATEC Research ASBL: le «Global entrepreneurship monitor» (GEM). Ce rapport GEM constitue un document-phare de l’analyse de l’entrepreneuriat au niveau mondial. Il présente des indicateurs sur l’ampleur de l’entrepreneuriat, montrant le bon classement du Luxembourg au niveau international.

Ainsi dans le ranking général, le Luxembourg se classe en 8e position dans l’Union européenne et fait partie du groupe de pays à «performance élevée». Dans les trois sous-catégories, le Luxembourg se classe 11e dans l’aspect économie, 3e dans l’aspect social et 12e dans l’aspect environnement. En outre, l’ODC analyse également des dizaines de classements internationaux, dont ceux du Forum économique mondial (WEF), de l’International Institute for Management Development (IMD) et de la Heritage Foundation. En 2019, les résultats généraux pour le Luxembourg sont proches de ceux du tableau de bord national.

La peur de l’échec

Pour les entrepreneurs en herbe, il faut prendre son mal en patience. Il faut compter en 2018 une moyenne de huit jours de délai de traitement administratif quand on démarre une entreprise. Si la situation s’améliore, elle n’est pas encore assez satisfaisante pour le ministre des Classes moyennes Lex Delles. S’il n’est pas question pour lui d’arriver à des extrêmes comme en Estonie où l’on peut enregistrer une entreprise en 18 minutes, les efforts restent à faire: «Huit jours c’est encore élevé, nous essayons de mieux faire. Nous avons renforcé les équipes en charge au ministère, notre objectif étant d’arriver à traiter un dossier en trois à quatre jours. Cela grâce à des équipes renforcées et la digitalisation. Certaines vérifications resteront cependant toujours à faire». Mais ce qui pèse au Luxembourg, c’est la peur de l’échec. 51% de la population interrogée estime que c’est la peur de l’échec qui l’empêcherait de démarrer son entreprise. Un chiffre qui préoccupe Lex Delles: «Nous avons besoin d’un renforcement de l’accompagnement à la House of entrepreneurship. Nous avons également dans le prochain plan PME un focus sur les faillites où il sera possible d’avoir une deuxième chance en cas de faillite pour cause de mauvaise gestion ou tout simplement parce que le lieu ou le moment pour démarrer son affaire était mal choisi».

Au delà des PME, le bilan dresse aussi un aperçu de l’impact économique du secteur des technologies de la santé et celui des technologies de l’espace. Toujours dans l’idée de diversifier l’économie et de moins dépendre du secteur financier. La nouvelle approche a permis de recenser 131 entreprises au Luxembourg dont l’activité peut être rattachée à ces secteurs. En 2016, les technologies de la santé ont généré 175 millions d’euros de valeur ajoutée brute (0,4% du total de l’économie) et ont représenté près de 1.600 emplois. En 2018, on comptait également 32 entreprises actives dans le secteur des technologies de l’espace, représentant 840 emplois et 800 millions d’euros de valeur ajoutée brute (1,5% du total de l’économie).