LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les banques ont des résultats très différents selon leur secteur d’activité

Depuis 2016, les taux d’intérêt très faibles affectent les revenus des banques en limitant leurs gains sur les prêts, à noter également que les marchés boursiers sont agités par la montée des incertitudes économiques et politiques mondiales sans compter les exigences des nouvelles réglementations européennes. Le Statec a regroupé dans son dernier «Regards» paru jeudi, ces nouveaux défis auxquels le secteur doit faire face. Grâce à la hausse des volumes de prêts accordés, les banques de détail et les banques dépositaires des organismes de placement collectif ont malgré tout réussi à s’assurer une marge croissante d’intérêt (respectivement +47% et +87% entre 2015 et 2018), contrairement aux autres banques. Par ailleurs, la bonne marche des fonds d’investissement au Luxembourg a permis aux banques dépositaires d’augmenter leurs commissions nettes de 18%.

Mais le paysage est très différent selon les types de banque, note le Statec. Ainsi, elles doivent faire face à une baisse des taux, mais également à une hausse des coûts avec les nouvelles régulations et les frais inhérents à la digitalisation du secteur. Résultat: le rapport entre les frais généraux (hors frais de personnel) et le total des revenus générés par les banques s’est accru de 20 à 24% entre 2015 et 2018, la plus forte hausse touchant les banques privées, particulièrement concernées par les nouvelles règlementations sur la gestion d’actifs.

Dépendantes des commissions

Si les frais généraux ont augmenté pour la majorité des banques (+26% entre 2015 et 2018), et ce quel que soit leur type d’activité, les principaux revenus ont évolué en revanche différemment d’une banque à l’autre. Ceci découle notamment du fait que la composition même des revenus diverge fortement selon le type d’activité principale. Alors que la marge d’intérêt est la première source de revenu des banques de détail, de finance d’entreprise et des banques universelles, les banques privées et dépositaires dépendent principalement des commissions perçues.

Pour le Statec, ce sont finalement les banques dépositaires et de détail qui ont permis de soutenir le secteur depuis 2015, contrairement aux banques privées et universelles qui ont, elles, plus souffert. Les banques de détail ont réussi à faire progresser leur valeur ajoutée de 49% entre 2015 et 2018, les banques dépositaires de 28% et les banques de finance d’entreprise de 6%, alors que la valeur ajoutée brute des banques universelles et privées a fortement reculé (-15% et -59%). Toutes ces institutions sont pourtant soumises aux mêmes règlementations européennes qui gonflent leurs frais et à la concurrence croissante qui les pousse à digitaliser les processus, sans oublier la baisse des taux d’intérêt. Ce sont donc surtout les revenus liés aux différents types d’activité qui divergent. Les commissions nettes sont devenues au fil des années une source de revenu majeure du secteur bancaire luxembourgeois à côté de la marge d’intérêt. Entre 2015 et 2018, les commissions nettes ont augmenté de 10%.

Les trois quarts de cette progression proviennent toutefois uniquement des banques dépositaires (+18% depuis 2015) portées par la croissance des organismes de placement collectifs (OPC) au Luxembourg (+20% d’actifs). Les fonds d’investissement restent un moteur pour la place financière.