LUXEMBOURG
THIERRY CARABIN

Avant la crise financière de 2008, les prix du pétrole avaient atteint des sommets pour suivre ensuite une tendance baissière qui s’est encore accélérée en 2014 en raison de l’exploitation des gisements de pétroles de schiste (Shale Oil) aux Etats-Unis. À première vue, il est plutôt logique de penser que cette chute des prix pétroliers ait eu des répercussions négatives sur le développement des énergies renouvelables.

«Cette crise aura éveillé des consciences et montré l’urgence à apporter des réponses écologiques aux excès de la mondialisation», 
Thierry Carabin, Portfolio Manager ING Luxembourg - Lëtzebuerger Journal
«Cette crise aura éveillé des consciences et montré l’urgence à apporter des réponses écologiques aux excès de la mondialisation», Thierry Carabin, Portfolio Manager ING Luxembourg

Cependant, force est de constater qu’il n’en a rien été. D’une part, faisons confiance aux marchés, depuis le boom du shale oil, le pétrole texan (WTI Crude Oil) et celui de la Mer du Nord (Brent) ont baissé de respectivement 81,05% et 68,01%, l’indice boursier mondial du secteur pétrolier, le MSCI World Energy 10/40, a quant à lui baissé de quelques 27,02%. Alors que, sur la même période, l’indice des énergies alternatives, le MSCI Global Alternative Energy a progressé de 48,38%.

D’autre part, analysons quelques chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (IEA). En 2008, l’IEA estimait que seuls près de 66 GW de capacités de production seraient installées dans le monde en 2018, alors que les capacités réellement installées dix ans plus tard ont atteint les 456 GW. De plus, les énergies renouvelables sont nettement plus intéressantes aujourd’hui car moins chères et plus efficientes. Ainsi, depuis 2010, le prix des panneaux solaires a baissé de 88% et les nouvelles éoliennes produisent près de deux fois plus d’électricité que celles construites en 2010.

De ce fait, les énergies renouvelables sont devenues nettement plus compétitives par rapport aux énergies traditionnelles et sont désormais moins onéreuses que le nucléaire!

Le développement des nouvelles énergies constitue également la réponse à trois grandes dynamiques:

• L’augmentation de la demande à long terme: l’urbanisation et l’industrialisation des pays émergents va booster la demande d’énergie alors qu’aujourd’hui, la consommation d’électricité par habitant en Inde s’élève à peine à 11% de celle en Allemagne.

• Au-delà des changements climatiques, il s’agit avant tout d’une question de pollution: ces mêmes phénomènes d’urbanisation et d’industrialisation nécessitent une réponse immédiate à la pollution des grands centres urbains. Inde et Chine comptaient 18 des 20 villes les plus polluées au monde en 2015.

• La volonté bien évidente d’indépendance énergétique de nombreux pays.

La forte baisse du prix du pétrole en raison de la crise mondiale Covid-19, ne constitue donc pas un coup d’arrêt pour les nouvelles énergies. Au contraire, cette crise aura éveillé des consciences et montré l’urgence à apporter des réponses écologiques aux excès de la mondialisation. Bien entendu, nous n’allons pas abandonner le pétrole dans les prochaines années car la demande d’énergie à long terme restera orientée à la hausse. Cependant, en reprenant un terme à la mode, les nouvelles énergies sont sur le point de devenir source de disruption avec pour symbole la voiture électrique, ou plus encore depuis le confinement, le vélo électrique. A tout le moins, les nouvelles énergies constituent un thème d’investissement passionnant et, espérons-le, porteur à long terme!

ING

La banque au lion

Présente au Grand-Duché de Luxembourg depuis 1960, ING est une banque universelle disposant d’un réseau de seize agences et de canaux digitaux bien développés, appréciés par sa clientèle Retail, Private et Wholesale Banking. Avec plus de 100.000 clients, ING se classe dans le Top 5 des banques du pays et figure dans le Top 10 des meilleures marques au Luxembourg (Source: 2018 KPMG Luxembourg Customer Experience Excellence Report).
ING compte plus de 800 collaborateurs au Grand-Duché dont 700 réunis au sein de son siège ING Lux House. En 2018, la banque a affiché un résultat net courant de 115 millions d’euros, en hausse de 8%.

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