LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La Commission européenne épingle le Luxembourg dans son

Certes, le Luxembourg jouit d’une croissance supérieure à la moyenne européenne, d’une économie en cours de diversification malgré la domination du secteur financier et ses finances publiques demeurent saines. Mais le pays traîne aussi quelques casseroles, comme le montre la Commission européenne dans son rapport du Semestre européen paru mercredi.

Le système des pensions tout d’abord n’a connu aucun progrès malgré les recommandations antérieures de Bruxelles. Il constitue à ses yeux une source de risque dans la mesure où les dépenses relatives au vieillissement de la population vont connaître d’ici à 2070 un accroissement considérable. «Sans changement de politique, cela pourrait avoir un impact majeur sur la dette publique», prévient la Commission.

Celle-ci observe des progrès limités dans les domaines de l’emploi, des restrictions règlementaires, de l’aide au logement et de la fiscalité. Sur le marché du travail, l’institution constate que «les travailleurs plus âgés ou moins qualifiés, particulièrement ceux ayant un passé de migrant, sont moins susceptibles de trouver ou de conserver leur emploi». Et d’observer que le risque de pauvreté a augmenté en 2018 au Grand-Duché pour atteindre la moyenne européenne à 21,9%. Les inégalités scolaires, le niveau d’endettement des ménages élevé dû aux prix de l’immobilier, les investissements relativement faibles consentis en recherche & innovation, les barrières règlementaires sont autant de défis pointés du doigt.

«Des éléments indiquent que les règles fiscales du Luxembourg sont utilisées pour la planification fiscale agressive», relève la Commission avant d’appeler au renforcement des mesures destinées à la lutte contre le blanchiment d’argent.

La bataille des inégalités

Pour la première fois, le rapport se penche sur les objectifs de développement durable des Nations unies et constate à ce propos que le Grand-Duché se distingue dans celui de la santé et du bien-être. Par contre, il observe des dégradations dans celui de la réduction des inégalités. Ces inégalités apparaissent comme le cheval de bataille de Bruxelles qui entend agir à tous les niveaux. «L’emploi affiche un niveau record en Europe, mais des inégalités persistent», dénonce Nicolas Schmit, commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux qui veut proposer un cadre pour des salaires minimums équitables. «Les déséquilibres dans l’UE s’estompent», assure pour sa part Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif pour une économie au service des personnes.

Avec son pacte vert pour l’Europe, la Commission entend faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050.