LUXEMBURG
CORDELIA CHATON

Diesen Donnerstag findet um 17.30 im Kulturzentrum „Schéiss“ die Vernissage der Ausstellung „Pionéierfraen am Journalismus zu Lëtzebuerg“ statt. Ab Freitag und bis zum 22. April ist die Ausstellung in der Bibliothek des Cercle Cité in Luxemburg-Stadt zu sehen, bevor sie vom 30. Juni bis 7. Juli ins Merscher Literaturzentrum wandert. Wir haben mit Joëlle Letsch, der Präsidentin der „Femmes pionnières du Luxembourg Asbl“, die die Ausstellung auf die Beine stellte, gesprochen und Journalistinnen, die in Luxemburg den Journalismus prägten und prägen, nach ihren Erfahrungen heute gefragt.

Lëtzebuerger Journal

JOËLLE LETSCH | KO-INITIATORIN UND UNTERNEHMERIN, MITGRÜNDERIN DES ADT CENTER

„Die Idee bei der Ausstellung ist, dass Journalisten und Journalistinnen sehr wichtig sind, sie bringen Hintergrundinformationen und sensibilisieren uns. Lange waren das nur Männer. Als die Frauen in den 20er und 30er Jahren in diesen Beruf kamen, brachten sie neue Themen mit und haben den Blick für Vieles erweitert, auch bezüglich der Rolle der Frau in der Gesellschaft. Wir wollten diese mutigen Frauen, die sich von Traditionen und Konventionen befreit haben, gern porträtieren. Auf der anderen Seite möchten wir auch die junge Generation mit diesen Pionierfrauen inspirieren. Die Ausstellung wird zunächst in der Cité Bibliothèque Luxemburg und danach im Literaturhaus Mersch zu sehen sein. Sie kann auch gern in Gemeinden und Schulen gezeigt werden. Wir wollen mit den jungen und älteren Generationen ins Gespräch kommen. Das kann auch über den Weg von Lesungen, Rundtischgesprächen und anderen Aktionen geschehen.“ 

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YOLANDE KIEFFER  | UNE DES FEMMES PIONNIERES DU JOURNALISME A LUXEMBOURG DES 1962

«Si je me sens “pionnière”? Non. Et ce n’est certainement pas à moi de porter un jugement. Mais il est un fait que, dans les années 60, quand j’ai fait mes débuts dans le journalisme, et tout au long des premières années, il fallait faire preuve de beaucoup de persévérance, de détermination et de volonté pour subsister sur un terrain dominé par les hommes. 

En réalité, dans notre pays, il y avait tout juste deux femmes, Liliane Thorn-Petit et moi-même (à l’époque sous le nom de Yolande Wilwers), qui étaient actives, essentiellement dans le domaine de l’information européenne. Oui, il fallait avoir les reins solides et ne pas céder aux états d’âme dans l’exercice de ses fonctions journalistiques: d’un côté, les coups bas de certains confrères, de l’autre la méfiance et la retenue des “pourvoyeurs” d’information à une époque, où le statut professionnel des femmes n’excédait guère le grade de “secrétaire”. J’ai le souvenir cocasse de conférences de presse, où en tant que seul élément féminin dans un parterre exclusivement masculin, j’étais “invitée” à poser la première question … dans un esprit de défi et avec une ironie légèrement provocante qui n’échappaient à personne!!! Au fil des années, la situation allait cependant évoluer favorablement vers une réelle acceptation de la femme journaliste, tant dans les rédactions que dans la vie publique ou les milieux politiques. Les jeunes consoeurs ne connaissent plus ces problèmes et c’est tant mieux si nous, les anciennes, avons réussi à déblayer le terrain pour le rendre plus égal.

On me demande souvent ce qui différencie le journalisme d’aujourd’hui de celui d’hier. Il y a un monde entre les deux!! Il n’y a pas de comparaison possible: vous imaginez aujourd’hui un journaliste travaillant sans portable, sans ordinateur, sans tablette, sans être connecté??? Et la différence ne s’arrête pas là! Aujourd’hui, grâce à Internet, pratiquement tout le monde “joue” au journaliste, au reporter, au photographe de presse, au commentateur, au critique, le tout agrémenté de “fake news”, de shit-storms ou d’ “alternative facts”. Trump fait des émules!! Je pense que, aujourd’hui, le métier de journaliste, homme ou femme, reste toujours aussi compliqué! Mais de façon différente. La seule constante: les journalistes sont tout aussi impopulaires aujourd’hui qu’ils l’étaient hier, et une information bien recherchée était, est et restera toujours moins sexy qu’une sensation bien emballée, mais à la véracité douteuse.»

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Linda Cortey | cheffe du ressort économie du «Luxemburger Wort»

«Je suis de la génération d’après. De celles qui se sont engagées dans le journalisme sans avoir à se battre. J’ai choisi ce métier parce qu’il me plaisait et je n’ai jamais rencontré une personne mettant en doute mes capacités à devenir journaliste du fait de mon sexe. Bien sûr, il y a toujours ces quelques remarques condescendantes quand, encore étudiante, j’affirmais que ma spécialité serait le journalisme économique. Ou encore ce chef d’entreprise s'adressant au photographe qui m’accompagnait, n’envisageant pas que la jeune femme en face de lui soit capable de l’interroger sur l’industrie alsacienne.

Ces anecdotes n’ont pas forgé en moi de posture militante. J’étais sûre de ma légitimité. J’avais mes diplômes et mes compétences à opposer à ces rabats-joie. Ils n’étaient qu’archaïsme dans un monde médiatique où les femmes ont leur place. Naturellement. De ce fait, je n’ai jamais envisagé de faire du “journalisme au féminin”. Je fais du journalisme économique. La question de la place des femmes dans la société n’est devenue un thème pour moi qu’en prenant la tête de la rubrique économie du “Luxemburger Wort”. Une femme s’intéresse sans doute plus qu'un homme aux femmes dirigeantes ou à la question du genre dans les relations au travail.

Aujourd’hui, il faut encore aux femmes plus de mordant qu’aux hommes pour s’imposer à des postes de responsabilité dans les médias. Mais le plus gros du travail a été fait. Les journalistes d’aujourd’hui doivent beaucoup à celles qui ont ouvert la voie depuis près d’un siècle.»

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Claude Wolf | Tageblatt, ehemalige chefredakteurin der „revue“

„Die erste Chefredakteurin, die erste Nachrichtensprecherin, die erste Kamerafrau. Die Luxemburger Unternehmerinnen haben Pionierinnen aufgespürt, die sich in die Männerdomäne der Meinungsmacher gewagt haben. Geschichte oder immer noch Realität, ist die erste Frage, die sich aufdrängt. Die Antwort ist klar. Auch in Zeiten der Chancengleichheit braucht ein Beruf, der so viel Engagement und ein so hohes Zeitinvest verlangt wie der Journalismus, Pioniergeist. Man kann auch von Kampfgeist sprechen, weil die Journalistinnen im Beruf, genau wie in der Gesellschaft, ihre Frau stehen müssen. ‚Rabenmutter, schlechte Hausfrau, unzuverlässige Partnerin‘, sind die Vorwürfe an alle, die neben dem Beruf auch einen Partner und eine Familie haben. Ganz unberechtigt sind sie nicht.

Es braucht viel Organisation, Improvisation und Anpassung, um Schulstunden, Hausaufgaben, Essenszeiten, Kindergeburtstage, Pfadfinder und Sportmeisterschaften unter einen Hut zu bringen. Es braucht dafür auch ein hohes Maß an Verständnis: Von den Kindern, die Wartezeiten, Verzögerungen und gelegentlich auch ein ‚nein‘ akzeptieren müssen. Von Partner, Familie und Freunden, die immer einspringen müssen, wenn alle Stricke reißen.

Die Pionierinnen haben den Beweis erbracht, dass Frauen sich in dem ‚Männerberuf Journalismus‘ behaupten können, dass sie genauso kompetent sind wie die Männer. Aber es braucht weiterhin Kämpferinnen. Heute ist es die Gestaltung der Information, die immer noch einen männlichen Stempel trägt, so dass die Frauen außerhalb des 8. März nur knapp ein Viertel der Aktualität ausmachen. Sie kommen weder als Analytikerinnen oder Expertinnen zu Wort, sie haben kaum Gelegenheit, sich zu Politik, Wirtschaft, Finanzen, wissenschaftlicher Forschung und großen Infrastrukturprojekten zu äußern. Chancengleichheit bei der Gestaltung der Information! Eine neue Herausforderung!“

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MARIE-LAURE ROLLAND | CHEFFE DE LA REDACTION CULTURELLE DU «LUXEMBURGER WORT»

«Les femmes sont aujourd’hui massivement présentes dans les médias. Tel n’était pas le cas le cas lorsque j'ai débuté ma carrière de journaliste en 1989. La rédaction du “Luxemburger Wort” comptait trois femmes sur une trentaine de collaborateurs. 

J’évoluais dans un monde d’hommes, aussi bien en interne que dans  mes contacts professionnels. Mon travail de journaliste économique me mettait en contact avec des dirigeants  exclusivement masculins.  Je ne l’ai pas perçu comme un problème mais j’ai encore le souvenir de mon entretien avec le directeur, l’abbé Heiderscheid, trois ans après mon entrée au journal, lorsque je suis allée négocier la possibilité de bénéficier de la convention collective du journal. Le ciel m’est presque tombé sur la tête! J’ai tenu bon et ai réussi à obtenir les mêmes droits que mes autres collègues, bien que je sois une femme d'origine étrangère travaillant à temps partiel. Un petit pas en avant dans l’égalité de traitement. 

Ce sujet me tient toujours à cœur et j’essaie de le thématiser régulièrement dans mes éditoriaux. Je pense que du chemin reste à parcourir pour les femmes qui restent sous-représentées dans les instances de direction des entreprises comme des institutions publiques. Elles pourraient pourtant apporter un regard différent sur les défis auxquels nous sommes confrontés et sur les solutions pour y répondre.»

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MARTINE HEMMER | CHEFREDAKTEURIN DES „TÉLÉCRAN“

„Ausgerechnet am Weltfrauentag vergangenes Jahr wurde ich gefragt, ob ich Chefredakteurin werden will. Ich weiß bis heute nicht, ob das Absicht war. Ich glaube nicht, dass ich eine Art Quotenfrau bin. Das wurde von der Chefredaktion nach Eignung entschieden.

Ich denke auch nicht, dass es ein Hindernis ist. Generell wird Journalismus immer mehr zum Frauenberuf. Bei uns im ‚Télécran‘ haben wir insgesamt nur zwei Männer und acht Frauen in der Redaktion. Mir wären ein paar Männer mehr im Team fast lieber, weil sich das in den Themen niederschlägt; gerade bei Lifestyle. Frauen haben immer noch etwas andere Interessen und wir wollen ja auch Männer ansprechen. Es gibt zurzeit eine regelrechte Welle an Magazinen für Männer; von ‚Wolf‘ bis ‚Beef!‘.

Als Frau merkwürdig im Job gefühlt habe ich mich nur zu Beginn meiner Karriere. Damals war ich Volontärin bei der ‚Saarbrücker Zeitung‘ und arbeitete in einer Außenstelle. Dort saßen vier Redakteurinnen. Wenn ein Besucher hereinkam, um eine Pressemitteilung abzugeben, fragte er oft: ‚Ist keiner da?‘ Das waren dann immer Männer. Aber das ist alles seltener geworden. Überall in den Führungsetagen gibt es noch vereinzelt Alpha-Tierchen, gegen die eine Frau, die aufgestiegen ist, sich behaupten muss. Das sehe ich jedoch als Herausforderung.“

http://femmespionnieres.lu/