LUXEMBOURG
OLIVIER ROUSSEAU

Jean Muller, Constantin Riccardi et Nora Braun en trio pour le cycle Camerata des Solistes Européens, Luxembourg

Jean Muller? On ne le présente plus! Soliste d’un concerto, en récital ou en formation de musique de chambre, ce pianiste luxembourgeois s’est imposé comme une référence dans le monde musical. Dernièrement encore, sur une radio française consacrée à la musique classique, on programmait deux extraits de son dernier CD «Reflets et Symétries». La présentatrice soulignait la superbe combinaison de son «autorité technique et de sa magnifique liberté d’expression». Jean Muller est un «ogre musical», jamais rassasié, toujours partant pour de «nouvelles aventures»: il adore «faire le tour» d’un répertoire. Aujourd’hui, après une intégrale remarquée des Sonates de Beethoven, il se lance dans l’intégrale des Concertos pour piano de Mozart!

Jean Muller est aussi professeur au Conservatoire de Luxembourg, c’est-à-dire soucieux de la transmission de son art, désireux d’aider à l’épanouissement de jeunes talents prometteurs.

C’est dans cet esprit qu’il était lundi soir à la Philharmonie pour un concert du cycle Camerata des Solistes Européens, Luxembourg, un concert en trio avec deux musiciens d’à peine vingt ans: le violoniste Constantin Riccardi et la violoncelliste Nora Braun. Deux musiciens «en devenir» qui, leurs premières études accomplies au Grand-Duché, poursuivent actuellement leur formation à Londres, le premier à la «Royal Academy of Music», la seconde à la «Guildhall School of Music and Drama».

«Prenez les choses en main, imposez-vous»

Ce concert que leur offrait en quelque sorte leur aîné, a été pour eux une occasion bienvenue de se confronter à des chefs-d’œuvre dans un contexte professionnel. On a retrouvé là la magnifique relation si productive du «maître» et de «l’apprenti», cette superbe façon de transmettre, de passer le relais, d’assurer la continuité et le développement d’un savoir-faire. Ce qui est remarquable aussi est la consigne de «l’aîné reconnu» à ses deux jeunes acolytes: «Prenez les choses en main, imposez-vous»!

Un conseil dont les spectateurs du concert de lundi ont pu vivre l’heureuse concrétisation, successivement dans le Trio n° 1 de Mendelssohn, le Trio n° 2 de Chostakovitch et le Trio en la mineur de Ravel. Voilà donc une bien belle place faite aux jeunes!