LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Gwen Manin met sa passion pour la cuisine au service de brunch livrés à domicile

Le brunch est très prisé des anglo-saxons pendant les weekends, entre le petit-déjeuner (breakfast) et le déjeuner (lunch), qui permet de satisfaire ses envies de salé et de sucré en fin de matinée. Le concept est bien connu au Luxembourg et quelques établissements en proposent, même si les bons sont pris d’assaut. En hiver il est parfois difficile de mettre le nez dehors, mais Gwen Manin propose alors de venir livrer des brunchs clé en main. «Certains clients me regardent tout mettre en place, d’autres se contentent de m’ouvrir la porte et retournent sous la couette en attendant que tout soit prêt!», explique la belgo-britannique qui a posé ses bagages au Luxembourg depuis maintenant un an. Une fois tout posé sur la table, elle disparait, avant l’arrivée d’éventuels invités. 
Passionnée de cuisine, c’est le confinement qui lui a fait prendre conscience que cela pouvait devenir un peu plus qu’un simple passe-temps pour régaler son compagnon et ses proches: «Nous avons passé beaucoup de temps à cuisiner pendant ces semaines de confinement, et même si j’ai toujours cuisiné, j’ai retrouvé ce plaisir», raconte-t-elle. Une passion qui a été transmise par son papa, «il a toujours rêvé d’être chef, mais n’a jamais franchi le pas, je sens qu’il le regrette un peu, et je réalise un peu son rêve finalement».  
Le projet a mûri pendant quelques semaines, et c’est poussée par son compagnon que Gwen Manin s’est lancée: «Il m’a donné une date limite, jusqu’au 30 juin, pour lui présenter mon projet, ça m’a mis la pression mais cela m’a permis de mettre mes idées au clair. J’ai aussi beaucoup discuté avec une amie entrepreneuse qui s’est lancée dans la livraison de produits locaux en Belgique. Elle est devenue ma mentor et m’a beaucoup aidé dans l’élaboration de mon business plan». Si l’idée de départ était d’ouvrir un petit magasin, elle opte rapidement pour aller cuisiner chez ses clients avec également des gâteaux faits eux à l’avance. Elle propose également deux formules, avec ou sans vaisselle fournie, dans le deuxième cas elle repasse une fois le brunch terminé pour récupérer sa vaisselle.

«Je ne comptais pas me lancer si vite»

Gwen Manin comptait sur son été passé en famille pour éprouver son concept, mais une semaine après s’être lancée, elle reçoit sa première commande, un brunch pour 12 personnes! Elle s’est servie de son compte Instagram personnel, où elle postait déjà ses recettes depuis plusieurs années, pour devenir le compte officiel de «Fuel me Happy», son projet. A cela s’est rajouté une page Facebook, «pour toucher une clientèle plus âgée», et les clients sont venus d’eux-mêmes: «Je ne m’y attendais pas, je ne comptais pas me lancer si vite». L’entourage est confiant, elle se sent pousser des ailes: «ma famille m’a beaucoup poussé en me disant que j’étais prête à me lancer, que j’étais motivée et que cela me rendait clairement heureuse».
Employée dans un grand cabinet d’audit, la jeune femme s’organise sur son temps libre pour répondre à la demande: prises de commandes, courses, préparation, elle y passe une bonne partie de ses weekend, son emploi du temps flexible lui permet de jongler encore facilement. Mais cela ne lui pose pas de problème: «Je suis jeune et je viens de me lancer, ce n’est pas grave d’y consacrer mes weekend», même si le planning commence à bien se remplir pour les prochaines semaines. Les horaires du brunch lui conviennent très bien, pas question pour elle de cuisiner le soir: «Je suis une lève-tôt, je préfère donc travailler le matin. J’y passe en général 3 heures le samedi matin, puis je profite de ma journée».
Elle prend également le temps de contacter les producteurs locaux pour composer ses recettes avec un maximum d’ingrédients produits au Luxembourg et en Belgique, sauf les viennoiseries qu’elle se fournit auprès d’un petit boulanger: «Cela reste un must du brunch, que beaucoup réclament, mais qui sont rarement mangées car on préfère mes gâteaux! Je veux éviter un maximum le gaspillage, alors je veux être sûre en avance de ce que veulent les clients». Outre les producteurs locaux, l’entrepreneuse mise beaucoup sur les talents de son papa pour fournir des confitures maison issues des fruits du jardin, ce dernier s’occupant lui-même de faire du pain avec de la farine du moulin d’Hollange en Belgique.  
Si Gwen Manin rêve de réduire son activité professionnelle à mi-temps pour consacrer plus de temps à ses brunch, elle laisse le temps à son projet de se développer avant de prendre des risques. Elle ne peut pas multiplier les clients en weekend (deux par jour), mais elle pense à proposer une offre de brunch pour les entreprises, en semaine. Une activité qu’elle pourrait combiner avec un emploi à mi-temps.  
www.facebook.com/fuelmehappy