LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le groupe Manso cultive sa marque de fabrique avec des restaurants aux saveurs méridionales

De la capitale à Echternach, le groupe Manso consolide sa présence avec des établissements qui mixent le concept de restaurant et de bar sur fond d’un fort accent latino. «Aujourd’hui, il faut vendre de l’alcool pour s’en sortir bien dans les restaurants. Et on a plus tendance à boire un mojito ou une caïpirinha quand on va dans un resto brésilien par exemple», explique Rémy Manso. Le trentenaire est à la tête de dix adresses réparties entre le Kirchberg, la Côté d’Eich, la Ville Haute, Clausen et Echternach. Ces établissements cultivent une identité propre mais partagent quelques fondamentaux, comme la présence de cocktails et de bœuf argentin au menu par exemple.

Début septembre Rémy Manso ouvrira une onzième adresse à la place de Paris. Son concept? Un «tex-mex sports bar» baptisé Gringo’s avant deux ouvertures à Leudelange d’ici le printemps prochain puis à la Cloche d’or à la fin 2018. La restauration, on peut dire que Rémy Manso est né dedans: son père était à la tête du Däiwelskichen, du Batacuda et du Patagonia. A côté de ses études à l’école hôtelière de Diekirch, le Portugais aidait donc aux fourneaux des trois restaurants de son père. «On n’avait pas trop le truc du groupe», se souvient-il. C’est en ouvrant son premier concept, le Chimi Churri, que Rémy Manso ouvre le chapitre du groupe.

Une concurrence mais pas frontale

Aujourd’hui, il compte près de 160 salariés. «J’aime bien le contact avec les gens, c’est un travail qui peut être tous les jours changeant, c’est intéressant et j’aime beaucoup les défis», explique Rémy Manso. En douze années d’expérience, son constat est clair: «Le marché de la restauration est plus dur qu’avant» entre les hausses des charges et de la TVA notamment. «Après, je pense quand même qu’aujourd’hui, il y a un marché pour les groupes et les tops restaurants», poursuit-il. Car avec autant d’établissements, les multi-restaurateurs peuvent négocier des loyers plus intéressants et des rabais dans leurs commandes de marchandises. Et aussi vrai que le Luxembourg est petit, les restaurateurs font vite connaissance. «On s’entend tous bien», explique Rémy Manso pour qui ce déploiement des groupes pousse à relever la qualité de l’offre au Luxembourg. Pas question pour autant d’aller faire de la concurrence frontale qu’il juge «bête».

Au fil des années, Rémy Manso a aussi vu davantage d’acteurs autour du gâteau: «Le marché est saturé. Quand on compare, mon restaurant d’Echternach fonctionne mieux que cinq autres que j’ai en ville», détaille-t-il. La croissance de l’offre en restauration dépasse celle de la population et les nombreux chantiers grignotent les précieuses places de parking. «C’est pourtant le critère n°1 pour les restaurants», insiste-t-il. Et puis, la notion des goûts et des tendances joue aussi car chaque ouverture pour le groupe signifie une nouvelle création. «Normalement, ce qui marche à Luxembourg marcherait à Paris ou dans d’autres métropoles. Mais ce qui marche à Paris ne marchera pas forcément à Luxembourg», prévient l’entrepreneur.

D’expérience, il le sait: les réseaux sociaux par exemple peuvent jouer un rôle déterminant. Il y a quelques mois, il a pris en photo six côtes à l’os qui quittaient les cuisines du Toro Toro pour rejoindre la table de clients gourmands. Le cliché a été partagé 600 fois et a recueilli plus de 5.000 «j’aime». Inutile de préciser que les commandes pour ce plat ont littéralement explosé, à tel point que le patron a été contraint d’aller chercher des stocks de côtes à l’os dans les autres restaurants du groupe afin de répondre à la demande.

Car c’est cela aussi, la réalité d’une présence sur un petit marché comme le Luxembourg: «Ici, si tu es le seul, tu es le meilleur», conclut Rémy Manso. Bref, la quête de concepts se poursuit.

www.manso.lu