LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le portail Letzshop permet aux petits commerces d’avoir une visibilité sur la toile

Du côté des commerçants, ces derniers sont bien conscients que la présence sur internet est une bonne chose, que cela va de l’avant, même si les résultats ne se font pas encore ressentir. Mais ils gardent espoir. Ils ont conscience qu’une présence sur internet sans les tracas de l’IT et à 500 euros par an, ils ne pourront de toute façon pas faire mieux en étant seuls.

Joëlle Wolf était là en septembre dernier lors du lancement officiel de Letzshop. Elle tient un petit magasin de lingerie à Pétange, «Lingerie Wolf». Letzshop est sa porte d’entrée vers l’e-commerce, un monde qui lui était totalement inconnu jusque-là, mais elle et son mari se sont laissés convaincre par l’équipe de Letzshop. Il y a six mois, elle était plutôt dubitative. Aujourd’hui, mettre des articles en ligne n’est plus un problème: «La mise en ligne est facile, on a pris le temps de faire les photos, et on privilégie les articles soldés ainsi que les produits pour homme pour se faire connaître. C’est assez facile je dois dire. Quelques clients nous ont découvert à travers la plateforme, mais pour l’instant ils préfèrent toujours venir en boutique. Je trouve que ça va encore lentement, mais on nous a de toute façon prévenus que ça prendrait du temps… Alors on verra».

Livraison gratuite prolongée

Josée Letsch tient un magasin spécialisé en thé en centre-ville de Luxembourg, «Teegschwendner». Elle a aussi rejoint Letzshop au moment du lancement. A l’heure de ce bilan à six mois, la commerçante est contente d’avoir pris le train en marche et a l’impression que les choses avancent: «C’est important d’être sur cette plateforme car j’arrive à toucher des gens qui ne viennent plus faire leurs courses en centre-ville, c’est une vitrine pour nous, et ça serait dommage de ne pas en faire partie». Est-ce que la plateforme lui a amené une nouvelle clientèle? «Les habitués commandent parfois par la plateforme, mais pour la plupart il s’agit de nouveaux clients qui ne connaissaient pas la boutique avant».

Il faut dire que Josée Letsch a le sens des affaires puisqu’elle a prolongé les frais de livraison gratuit qui avaient été instaurés pour les fêtes de fin d’année et la St Valentin. Un plus pour les clients: «Parfois les frais de livraison peuvent rebuter les clients, alors je préfère les offrir plutôt que de les faire payer. Et ça marche car tous les clients optent pour cette formule».

Et cela a quand même bouleversé les habitudes mine de rien: «Au début il a fallu rentrer dans le système toutes les références, c’était un peu fastidieux, mais le thé ça ne change pas trop, donc maintenant je suis tranquille. C’est juste que j’ai désormais un oeil sur l’ordinateur pour vérifier qu’il n’y a pas de commande de faite, ça change un peu les habitudes».

En parlant de commandes, difficile de donner des chiffres précis mais les commandes de thé s’accélèrent sensiblement: «Au lancement j’avais une commande par mois, ça a commencé très doucement, mais maintenant j’en ai une par semaine, je ressens donc un petit frémissement, je suis d’ailleurs agréablement surprise, je ne m’attendais pas à ça aussi rapidement». Mais la commerçante est consciente que la plateforme ne marchera peut-être pas aussi bien pour tout le monde: «Je vends du thé donc c’est facile, il n’y a pas d’erreur, ce n’est pas fragile ni périssable, je n’ai aucun retour donc je n’y vois que des avantages. Mais je sais que d’autres commerçants, en particulier dans le secteur de la confection s’inquiètent des retours à devoir gérer». 

tinyurl.com/Teegschwendner