LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le groupe poursuit sa transformation dans un environnement changeant

Un chiffre d’affaires en hausse mais un bénéfice net en baisse: POST Group a bouclé un exercice 2018 contrasté, marqué par la poursuite de sa transformation et l’intégration de Join et Digora. Au final, l’opérateur a encaissé 827 millions d’euros de revenus (+7%) pour un résultat net en baisse de 10% à 33 millions d’euros. Il faut dire que l’exercice 2017 avait été dopé par la cession des parts de l’entreprise luxembourgeoise dans Eutelsat, de quoi mettre du beurre dans les épinards.

«L’objectif à long terme du Groupe POST Luxembourg est une rentabilité acceptable. Nous sommes convaincus que POST est sur la bonne voie pour y parvenir», a expliqué mardi Serge Allegrezza, président du conseil d’administration de la société. Son approche? Se comparer aux concurrents européens et se rapprocher de la moyenne. «On ne cherche pas à être le plus rentable», a souligné l’homme au nœud papillon. Il n’empêche, les actionnaires de POST se partagent cette année encore une enveloppe de 33 millions d’euros de dividendes, dont 20 millions rien que pour l’Etat.

Concurrence accrue

Métier par métier, les télécommunications et l’ICT restent la vache à lait du groupe avec un revenu de plus de 450 millions d’euros, soit 55% du total. Mais cette contribution s’affiche stable par rapport à 2017. Baisse de la téléphonie classique, pression concurrentielle sans oublier l’effet de la disparition des frais de roaming chiffrée à 12 millions d’euros en trois ans: les éléments perturbateurs ne manquent pas dans ce métier. «Le fait que les gens gardent leur téléphone portable six mois de plus joue énormément sur notre chiffre d’affaires», a souligné Claude Strasser, le directeur général de POST. Les filiales bondissent pour leur part de 29% à près de 190 millions d’euros, le métier postal et logistique croît de 9%
à près de 160 millions d’euros et les services financiers postaux de 3% à plus de 27 millions d’euros.

«Nous devons rester prudents», a insisté Claude Strasser. «L’environnement reste très concurrentiel avec une forte pression sur les prix, ce qui nous impose de maîtriser nos coûts». Du côté des métiers historiques de l’opérateur, le volume des lettres nationales s’est tassé de 2% et celui des colis a bondi de près de 30%.

Pour la petite histoire, le volume des lettres reste 38 fois supérieur à celui des colis dans le pays, avec près de 131 millions de plis. Du côté logistique, soulignons le triplement du volume des envois à plus de 4 millions d’unités, dont 99,9% en provenance d’Asie. POST entend poursuivre sa diversification: plus de 1,3 million de voitures dotées de cartes SIM de l’opérateur circulent dans le monde. L’opérateur fournit notamment les véhicules du constructeur PSA et rien que l’an dernier, plus de 100.000 cartes SIM POST ont été déployées dans des objets.

Une année 2019 riche en défis

«D’un point de vue performance opérationnelle, elle est meilleure en 2018 qu’en 2017», a insisté Claude Strasser. Ce dernier estime que «le dossier JOIN a pris une belle évolution en 2018» après les tumultes et rumeurs de faillite entourant l’opérateur alternatif transfrontalier. Exit le roaming, fini la Belgique: JOIN est désormais centré sur son marché domestique. «Aujourd’hui on travaille sur l’affinement du positionnement de JOIN au Luxembourg qui devient une nouvelle marque dans POST», a dit Serge Allegrezza. Si la douloureuse pointe à 8 millions d’euros sur l’exercice 2018, elle devrait être nulle cette année, a promis le dirigeant.

2019 devrait par ailleurs être marqué par les préparatifs à l’arrivée de la 5G pour laquelle un appel d’offre élargi a été publié par POST. «On n’a écarté aucun des potentiels fournisseurs», a glissé Claude Strasser, alors que le torchon brûle entre les Etats-Unis et Huawei. Le groupe aux 4.596 salariés suit aussi le chantier de rénovation de son siège face à la gare. La démolition va bon train avant un début de chantier à la reprise des congés du bâtiment. Si le planning est respecté, le déménagement pourrait avoir lieu au 3ème trimestre 2022. Quant au siège «temporaire» de la rue Mercier, le bâtiment restera entre les mains de POST qui dit avoir déjà décidé de son affectation, sans en préciser la teneur. Avec 20 sociétés dans son giron, le groupe POST est aujourd’hui une structure tentaculaire qui a bouclé une série de rachats de sociétés. «La cadence va à mon avis ralentir», a indiqué Claude Strasser.

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