LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

140 gestionnaires d’actifs demandent à exclure les armes des indices boursiers

C’est une alliance de poids qui s’est formée dans le monde de la finance: 140 gestionnaires d’actifs, investisseurs, gérants de fortune et fournisseurs de services financiers ont co-signé une lettre ouverte demandant d’exclure les armes controversées des indices boursiers conventionnels. Ce groupement représente 6.800 milliards de dollars de fonds investis, précise un communiqué de presse de la plateforme «Swiss Sustainable Finance», qui coordonne l’initiative.

La lettre ouverte a non seulement été publiée lundi dans une série de journaux comme le «Financial Times», la «Neue Zürcher Zeitung» et «Le Temps» mais en plus, elle a été envoyée à des représentants des grands indices boursiers à savoir FTSE Russell, Morningstar, MSCI, S&P Dow Jones Indices et STOXX.

«Ajuster les portefeuilles des investisseurs aux valeurs et normes établies devient la nouvelle normalité pour les fonds de pension ainsi que pour d’autres investisseurs institutionnelles», commente la directrice de «Swiss Sustainable Finance», Sabine Döbell.

Pour le responsable ESG chez Pictet Asset Management, qui figure parmi les signataires, «les indices étant à la base d’un grand nombre de produits d’investissement, tant actifs que passifs, nous sommes convaincus que la position par défaut devrait être de les exclure», ajoute Eric Borremans.

Si les armes controversées ont déjà été exclues de certains produits, «de nombreux fournisseurs de services liés à des produits indiciels ne partagent pas ce principe, ce qui complique la tâche des investisseurs désireux de ne pas contribuer au financement de fabricants d’armes controversées», explique Peter Damgaard Jensen, CEO de PKA A/S, un autre signataire de la lettre.

Ampleur internationale

Si l’initiative vient de Suisse, celle-ci a pris une ampleur internationale avec une présence sur la plate-forme collaborative des Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (UN PRI). «Chez LuxFLAG, c’est un prérequis que les armes controversées soient exclu pour tous les fonds labellisés, donc nous sommes définitivement allié au côté suisse!», réagit un représentant de l’agence luxembourgeoise de labellisation. L’appel pour des indices boursiers sans armes est lancé, reste à voir s’il sera entendu.


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