LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’immobilier se retrouve coincé par les mesures de confinement mais veut regarder au-delà

Pas de contacts, pas de visites. Et pas de visites, pas de vente. Voilà la situation dans laquelle les agents immobiliers se retrouvent en cette période de confinement. «Il faut rester objectif et accepter le fait que notre commerce ne fonctionne pas pour l’instant», admet Jean-Paul Scheuren, président de la Chambre immobilière.

L’organisation regroupe 200 membres parmi les agents immobiliers, les promoteurs et les syndics de copropriétés. Le confinement, cela peut être l’occasion de se pencher sur des solutions pour préparer la sortie de la crise. «Nous avons prévu d’utiliser les méthodes digitales pour entrer en contact avec nos membres, créer une sorte de vivier d’idées, pour être là pour nos clients à la sortie», dit le responsable.

Repenser le métier

Les visites virtuelles qui étaient jusque là l’exception pourraient connaître un certain essor et il est tout à fait plausible d’imaginer à l’avenir des agents immobiliers réalisant des vidéos et non plus quelques photos de biens qu’ils visitent avant de les proposer à la vente.

Quant à la présentation des biens, un accent pourrait être mis sur la présence d’un bureau ou la modularité des espaces pour faciliter le télétravail. «Aujourd’hui chaque m² est un m² et chacun essaie d’optimiser la présentation d’un bien», précise Jean-Paul Scheuren.

En attendant la reprise, la Chambre immobilière répertorie sur son portail vivi.lu des locations à court terme pour les personnes en situation d’urgence. Quant à la reprise des activités, elle ne devrait pas impacter les prix de l’immobilier, selon le responsable. «Je ne vois aucune raison pourquoi cette crise sanitaire aurait une incidence sur les prix», assure Jean-Paul Scheuren qui voit même dans le contexte actuel «un coup pour le modèle frontalier» avec la fermeture des frontières. «Il faudra prendre l’option de se rapprocher de son travail», estime-t-il.

Mardi, un communiqué annonçait que «le nombre de recherches immobilières enregistrées sur Immotop.lu se porte bien. Seule une légère baisse du trafic est enregistrée pour le mois de mars, contrairement aux conséquences considérables auxquelles s’attendait le secteur des annonces immobilières».

Un discours que nuance Jean-Paul Scheuren: «Pour la vente, les gens vont regarder mais il faut regarder le trafic au niveau des prises de contact, ce n’est même pas 1% de la période normale», dit-il. Bref, les candidats acheteurs confinés feraient simplement du lèche-vitrine.

Il faut dire que le secteur est pris en tenaille. Outre l’arrêt des visites qui porte un coup aux transactions, la question de l’offre se pose aussi. «On veut que les autorisations (de bâtir, ndlr.) continuent à être attribuées pour que les entreprises de construction puissent reprendre rapidement leurs activités à la sortie de la crise». La Chambre immobilière déplore aussi que les agents immobiliers ne soient pas éligibles à l’aide directe de 5.000 euros. «Les agents n’ont pas de revenus de substitution et le crédit n’est pas une solution pour ce type de société. Il faut un revenu de remplacement», appelle Jean-Paul Scheuren.

De son côté, le portail Immotop.lu a annoncé offrir un mois d’abonnement à l’ensemble de ses clients pour réduire les frais qu’ils supportent en cette période de crise sanitaire. La société gestionnaire du site estime renoncer ainsi à 10% de son chiffre d’affaires annuel, soit 250.000 euros.