FOETZAUDREY SOMNARD

La désinfection, un marché post-COVID très porteur

Nous avons tous vu les professionnels s’affairer à désinfecter les chaises, caddies, rampes d’escalier, toilettes, après notre passage dans un magasin ou un lieu public. Parce que les consommateurs ont besoin d’être rassurés, mais aussi parce qu’il faut respecter les nouvelles normes dans un contexte de crise sanitaire. Seulement le 50e passage de chiffon sur le caddie n’est peut-être pas aussi efficace que le premier. Des solutions plus efficaces existent, et des sociétés sur ce segment doivent faire preuve d’innovation pour se démarquer dans un marché à fort potentiel. L’hygiène est en effet devenue un enjeu de santé publique alors que la crise du Covid-19 s’est calmée, mais n’est pas encore tout à fait derrière nous. L’économie du partage et les lieux publics vont à l’encontre des nouvelles normes strictes d’hygiène qu’il faut désormais appliquer. Les objets touchés par le public deviennent suspects, les entreprises cherchent à rendre leurs bureaux sans risque de contamination. Plusieurs sociétés sont spécialisées dans ce créneau désormais très porteur: la désinfection.

A coup de laser, glace ou plasma

C’est le cas de BSI Cleaning, une jeune pousse de 5 ans déjà, qui a établi ses quartiers au Technoport à Foetz. Sa spécialité, ce sont les solutions de nettoyage innovantes, à coup de laser, glace ou plasma. Cette bande d’ingénieurs a planché dès le début du confinement sur une solution pour désinfecter rapidement et efficacement tous les endroits qui le nécessitent. Et avec la menace du Covid-19, ils sont nombreux: transports publics, véhicules de location, hôpitaux, écoles ou encore bureaux, les possibilités sont multiples.

«La fonction bactéricide de notre produit était déjà prêt, nous nous sommes concentrés sur l’aspect virucide avec analyses et rapport de laboratoire sur l’efficacité de notre produit sur les virus type SRAS et Covid», explique Simon Tritz, fondateur et CEO de BSI Cleaning.

Ce dernier avait organisé une démonstration mercredi matin dans les locaux de la société. Une voiture, une petite machine et un gros tuyau. En quelques minutes seulement, le véhicule est passé à la glace carbonique, une espèce de vapeur qui se niche partout dans l’habitacle. La «désinfection cryo 3D» se répartit de façon homogène et désinfecte tout l’intérieur ainsi que le système de ventilation et de climatisation. La voiture est prête à partir avec un nouvel utilisateur. Le plus de ce système, la rapidité d’utilisation: «Le traitement d’un véhicule dure de 30 à 40 secondes, et surtout on peut immédiatement utiliser la voiture, tout est sec. Même chose pour une pièce, traitée en deux minutes, on peut se remettre immédiatement au travail. Il faut ouvrir les armoires etc. pour que le produit se diffuse partout, et c’est sans danger pour les ordinateurs et autres objets électroniques», ajoute le dirigeant.

La technique est toute nouvelle, mais les clients se montrent déjà intéressés, car le potentiel est bien là. Avec des employés, clients, usagers stressés à l’idée de partager un siège, une barre, un accoudoir avec des inconnus, les hôpitaux, garagistes ou encore opérateurs de bus et tramway ont contacté BSI Cleaning pour appliquer la méthode de désinfection Cryo 3D. «Nous avons également des demandes d’hôtels ou encore d’entreprises, viendront ensuite les restaurants», explique Simon Tritz.

Et le prix dans tout ça? La jeune pousse peut intervenir elle-même, comptez 50 euros environ pour un bureau près de Foetz, la facture s’alourdit avec la distance. Mais BSI veut miser sur du leasing de ses machines aux entreprises avec des forfaits de désinfection pour le réaliser soi-même. Avec une petite formation, Simon Tritz explique que la machine est facilement maniable. La glace carbonique est elle stockée dans des bacs à glace, avec une conservation d’une semaine. «Nous allons proposer des forfaits leasing en fonction du nombre de cycles, cela dépendra de la taille du lieu à désinfecter, et bien entendu de la fréquence», explique le fondateur.

Un réseau international de fournisseurs

Reprenons l’exemple du caddie. Après chaque utilisation, un employé du magasin y passe un chiffon imbibé de produit nettoyant dans le meilleur des cas, propose de le faire vous-mêmes dans d’autres cas, quand pour d’autres il n’y a pas vraiment de mesures. Même chose pour les bus. «Les compagnies les désinfectent le soir quand ils arrivent au dépôt, cela dure longtemps, c’est donc juste une fois par jour alors que le passage des usagers est assez important. La désinfection pourrait être plus efficace, plus rapide, et donc plus fréquente», indique l’entrepreneur.

La demande risque de monter en flèche, alors que les nouvelles de Chine sont loin d’être rassurantes. BSI a breveté sa pièce qui permet au produit et au gaz d’être bien homogène au moment de la pulvérisation, «pour plus d’efficacité», précise Simon Tritz. Et pas de risque de pénurie pour le moment, car BSI se base sur un réseau international de fournisseurs prêts à le fournir en glace carbonique. Le CO2 utilisé est d’ailleurs recyclé, «il est réutilisé par l’industrie pour lui redonner un autre rôle», indique t-il.

La plus si jeune pousse repose sur 7 employés, et va se concentrer sur le moment sur le marché luxembourgeois et celui de la Grande Région pour éprouver l’efficacité de ce nouveau produit. «Nous prendrons ensuite le relais au niveau mondial avec des centres de revente, nous avons déjà des demandes à l’international, notamment au Brésil», conclut l’ingénieur qui a pour objectif de constituer un tiers de son chiffre d’affaires avec la «désinfection cryo 3D».


www.bsi-cleaning.com