LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Pour Capgemini, les banques vont devoir se réinventer

Cette semaine, La société de conseil Capgemini a présenté son World Wealth Report 2020. Sans surprise, il révèle que la richesse et le nombre de particuliers fortunés ont augmenté de près de 9% dans le monde en 2019, malgré le ralentissement de l’économie mondiale, les guerres commerciales internationales et les tensions géopolitiques. L’Amérique du Nord et l’Europe, avec des croissances respectives d’environ 11% et 9%, ont pris l’avantage et dépassé pour la première fois depuis 2012 l’Asie-Pacifique (8%). Mais ce boom de l’année passée sera occulté par la pandémie qui a frappé le premier semestre, puisque les économies mondiales se préparent désormais à faire face à un ralentissement de l’ordre de 4,9% en 2020 d’après le Fonds monétaire international.

High net-worth individuals

Robert van der Eijk, Executive Vice President et Managing Director chez Capgemini Invent Belux était de passage vendredi à Luxembourg pour présenter les résultats de l’étude. Les riches, qu’on appelle dans le jargon  les HNWI (high net-worth individual) qui possèdent au grand minimum un million de dollars en excluant la valeur de leur résidence principale, les ultra-HNWI ont eux un capital d’au moins 30 millions de dollars. Les millionnaires seraient au nombre de 40.000 au Luxembourg, Capgemini ayant enregistré une augmentation de 60% de leur nombre. Ceci dit en partie grâce au dynamisme de l’immobilier au Grand-Duché qui a enregistré une hausse de 14,6% en un an: «Par capita, le Luxembourg est l’un des pays les plus riches au monde. Tout le monde s’arrache pour y avoir un pied à terre, presque comme New York», s’aventure Robert van der Eijk.
Mais les temps changent et les besoins de ces clients changent, estime ce dernier. «Les clients sont plus exigeants, ils ont eu le temps pendant le confinement de comparer les offres et de voir ce que le digital avait à offrir», explique le dirigeant. Les frais des banques traditionnelles deviennent un problème: «Les acteurs de la tech proposent des offres avec moins de frais, ils ont les données de leurs clients et peuvent faire des messages personnalisés et mieux cibler les profils de risque. Les nouvelles générations veulent de la valeur ajoutée, et pas seulement de la performance».
L’investissement durable devient une tendance de fond: «Cet aspect est très important pour les investisseurs de moins de quarante ans», note Robert van der Eijk. Selon l’étude de Capgemini, les «particuliers fortunés» prévoient d’affecter 41% de leur portefeuille aux produits SI d’ici fin 2020 et 46% d’ici fin 2021. Les sociétés de gestion de patrimoine ont pris note de la tendance et sont prêtes à répondre à la demande puisque 80% d’entre elles proposent des produits de ce type. •