LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La solidarité s’est formée pour fabriquer des visières pour soignants

La technologie au service des soignants. Il y a quelques jours, une initiative privée a pris de grandes proportions aux quatre coins du pays: Marc Ollinger, enseignant au Lycée des arts et métiers, s’est rapproché sur les réseaux sociaux de Jeff et Tom Schockmel, fonctionnaires, et Kim Franck, un employé communal. Ce qui les réunit, c’est l’impression 3D. Ils obtiennent les plans d’une initiative tchèque pour imprimer des visières et les distribuer aux soignants.

Le but initial était de produire 1.100 visières, mais en un seul jour, l’objectif est déjà atteint, voire plus. «J’ai demandé l’accord du directeur du lycée pour utiliser les imprimantes 3D à disposition, il a été partant pour ce projet. En quelques jours, c’est une communauté de plus de 1.000 personnes qui s’est mobilisée pour aider», explique l’enseignant. Plusieurs lycées du pays se greffent en effet à l’effort. C’est le cas au LESC de Clervaux, où deux imprimantes 3D du Makerspace qui carburent depuis vendredi dernier, à hauteur de 24 pièces produites par jour.

Tous les propriétaires d’imprimantes3D peuvent participer

L’enseignant Claude Lagoda a rapatrié les machines chez lui: lundi après-midi le lycée avait produit 30 pièces, et fait également office de point de collecte, en tout 60 pièces environ ont été envoyées de Clervaux à Luxembourg. «Notre lycée a ouvert en 2018, nous sommes donc bien équipés et notre projet pédagogique est bien adapté à cette période de confinement», explique le directeur, Jean Billa. C’est tout le nord du pays qui s’est mobilisé, car tous les propriétaires d’imprimantes 3D peuvent participer, c’est ainsi qu’une trentaine de pièces a été déposée au lycée: «Tous les jours nous avons des pièces qui arrivent dans notre point de collecte, de notre côté nous avons assez de matière première pour tenir encore quelques semaines», explique Claude Lagoda.

Au Lycée des Arts et Métiers, la solidarité a ému Patrick Calmus, enseignant et impliqué dans le projet: «Les imprimantes marchent toutes seules, mais nous avons besoin de monde pour assembler les visières. Tous les collègues ont été partants pour utiliser leurs plages de temps libre, car nous continuons à faire des classes à distance, et c’est incroyable de voir toute cette participation». Avec 15 imprimantes 3D en fonction, déjà 1.100 pièces avaient été livrées samedi. CHL, maisons de soins, les besoins au Luxembourg sont énormes: «Nous parons au plus urgent, par exemple la maison de soins de Bertrange manquait vraiment de matériel», poursuit l’enseignant.

Marc Ollinger voudrait bien pouvoir contenter tout le monde: «Le but est de freiner la propagation du virus, alors toutes les professions où l’on doit faire face à du public sont concernées. Les services FLEX des CFL et l’ACL ont apporté leur soutien pour la logistique, la distribution et le ramassage. Pour le reste nous allons rassembler les factures, nous sommes en contact avec le ministère de la santé… Les entreprises QB Design et Grun qui coupent les visières ont sponsorisé 1.100 visières et vont faire des efforts sur les prix pour que cela revienne à 1,20 euros l’unité». Une demi-tonne de matière première est en stock, de quoi voir venir et même ravitailler les personnes privées qui veulent aider.