LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Coup d’œil sur les gains d’impôts possibles en matière d’assurances

Le relèvement des plafonds de déductibilité fiscale en matière d’assurances a été l’un des axes de la réforme fiscale de 2017. Un contribuable seul peut déduire jusqu’à 672 euros et 1.344 euros avec son conjoint au titre de dépenses spéciales et cela, en assurance-vie, décès, invalidité, maladie, accident et responsabilité civile. Quant aux assurances prévoyance-vieillesse, le plafond monte à 3.200 euros par an par contribuable et cela, pour toutes les tranches d’âge. Pour les assurances solde restant dû qui couvrent un prêt hypothécaire, les montants maximas déductibles montent à 6.000 euros jusqu’à 30 ans par contribuable sans enfants (plus pour les autres), puis est majoré de 480 euros (plus pour les ménages avec des enfants) par année d’âge accompli en sus de la 30ème année au moment de la souscription de l’assurance. Coup d’œil sur les tendances du marché avec trois grands assureurs de la place.

Bâloise: une palette de cinq produits

Etienne Zimmermann, «Product Manager Vie» chez Bâloise Vie Luxembourg SA explique: «Le monde de l’assurance Vie pour le marché local est en constante mutation. Et cette évolution est tantôt pilotée par le législateur (Solvency II, PRIIPS...), tantôt induite par des contraintes de marchés (environnement de taux bas…), tantôt réalisée pour répondre de manière plus appropriée aux demandes des clients. Chez Bâloise Vie Luxembourg SA, nous avons amorcé un virage à 360° en 2016 en abandonnant notre gamme traditionnelle pour passer à une gamme “Universal Life”.

On retrouve, donc, à côté de la classique “Solde restant dû” quatre produits qui, grâce à leurs caractéristiques ultra-personnalisables, permettent de couvrir tous les besoins de nos assurés.

L’assurance “Solde restant dû” reste bien entendu un bestseller. Pour les autres produits, les plus demandés, et ce sans discontinuer depuis la réforme fiscale de 2002, sont les produits qui entrent dans le cadre de déductibilité prévu à l’article 111bis LIR. Et cela ne risque pas de changer avec la réforme fiscale de 2017!”»

www.baloise.lu

Foyer: les assurances de placement en belle forme

Dans le portefeuille de produits vie du Foyer, de nombreuses tendances se dégagent selon Jean-Claude Stoos, responsable des réseaux de distribution au sein de Groupe Foyer. «En 2017, grâce à la réforme fiscale, les assurances pension complémentaire ont eu le vent en poupe avec des milliers de nouvelles souscriptions», explique-t-il au «Journal». «Plus généralement, ces dernières années, les assurances de placement ont eu beaucoup de succès. Dans un contexte de taux historiquement bas, ces produits, aux supports d’investissements diversifiés et aux rendements non soumis à la retenue à la source, représentent une alternative très intéressante aux placements bancaires de base», ajoute-t-il. Le responsable se montre confiant pour l’avenir de l’assurance-vie au Luxembourg. Deux éléments jouent en la faveur de cette branche: d’une part, le régime d’exception qui protège les souscripteurs et leurs avoirs en cas de défaillance de l’assureur. Et d’autre part, la dimension de prévoyance, de rendement, d’avantages fiscaux mais aussi de gestion patrimoniale et successorale. «Le succès de ces produits dépend de l’évolution des besoins des clients dans le temps», ajoute le responsable.

www.foyer.lu

Lalux: une loi attendue

«Une vente et une demande de la clientèle exceptionnelle», voilà comment la directrice de Lalux-vie Claudia Halmes-Coumont qualifie l’essor des produits liés à l’article 111bis de la réforme fiscale de 2017. Le rehaussement de la déductibilité fiscale à 3.200 euros sans limite d’âge a dopé la vente des produits de prévoyance-vieillesse. Mais ce n’est pas tout, l’assureur basé à Leudelange constate aussi un regain des ventes de produits de pension complémentaire liées au deuxième pilier. Les employeurs gonflent ainsi le package salarial avec une épargne-pension. Si cela leur coûte 20% d’impôts, la prestation pour l’affilié n’est pas imposée sur les revenus au Luxembourg. «Avec l’article 110, le salarié peut ajouter jusqu’à 1.200 euros de cotisations personnelles par an», ajoute Claudia Halmes-Coumont. Celle-ci déplore toutefois une lacune au règlement grand-ducal: diminuer la proportion d’actions dans les fonds d’investissements sous-jacent à partir d’un certain âge de l’assuré. «L’article 111bis pousse à aller dans le marché obligataire alors que c’est là où il y a le plus de risque», compte-tenu de la remontée probable des taux. Lalux s’attend à la poursuite de la croissance des produits liés au 2ème (régime complémentaire en entreprise ndlr) et au 3ème pilier (régime individuel). D’autant qu’un projet de loi devrait prochainement être voté pour ouvrir le 2ème pilier aux indépendants et aux professions libérales.

www.lalux.lu